Setif - A la une

À J-1 DU RENDEZ-VOUS ÉLECTORAL



À J-1 DU RENDEZ-VOUS ÉLECTORAL
La campagne électorale s'est achevée comme elle a commencé : sur un appel insistant à se présenter aux urnes le 4 mai. Jusqu'aux derniers moments, la peur de l'abstention a été au cœur de toutes les préoccupations et le Premier ministre en a démontré l'ampleur à partir de Sétif.Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Les appels au vote ont même constitué l'unique véritable message transmis durant ces 21 jours par les candidats. Chacun à sa manière, les prétendants à la députation ont usé de tous les moyens autorisés pour tenter d'amener les Algériens à «réaliser que de leur voix dépend le passage de l'Algérie vers une autre étape plus favorable». «Une Algérie nouvelle», «Un nouveau départ», «Une rupture avec les méthodes passées» indiquaient slogans et dépliants affichés ou remis aux passants dans les quatre coins de la ville.Les concernés ont voulu ratisser large en ciblant toutes les composantes de la société auxquelles sont promis des «changements» à travers l'attitude combative des députés qui seront élus au sein de l'Assemblée. Avec son humour habituel, le Premier ministre a même réussi à capter l'attention d'un grand nombre d'Algériens en demandant aux femmes algériennes de forcer leurs époux à sortir voter le 4 mai. Mais derrière les rires du moment, se cachent l'incertitude, la peur de l'abstention”'abdelmalek Sellal et toutes les forces impliquées dans le processus ont un retour d'écoute qui va à contresens de leurs aspirations. Qui démontre parfois que les Algériens se sont déjà exprimés à leur manière durant toute cette campagne. Certains faits ont jeté le froid.Mohamed Djamaà?, tête de liste FLN à Tébessa, a été surpris en plein meeting par des jets de pierres et d'œufs pourris lancés par des citoyens qui se disaient las de ses promesses.A Batna, la visite du Premier ministre a été écourtée en raison de l'attitude d'une foule peu encline à recevoir des officiels ce jour-là . Les vidéos de ces incidents tournent d'ailleurs en boucle sur les réseaux sociaux qui offrent, par ailleurs, un large aperçu du sentiment général qui se dégage face à ce scrutin. Le même qui se dégage dehors, dans les rues où les slogans qui barrent les photos des candidats en disent long sur l'état d'esprit des Algériens.Il y a moins d'une semaine, Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), résumait la situation dans une déclaration : «La campagne électorale pour les législatives est timide et se déroule dans un climat de grande déception politique. Ce climat est lié au bilan négatif du Parlement sortant qui a conduit le peuple à la paupérisation en entérinant des lois qui desservent la politique sociale, telles que la loi de finances 2017 et celles relatives à l'investissement et à la santé. Les deux partis au pouvoir, majoritaires à l'APN, ont adopté des lois qui ont provoqué la décadence de l'Etat.» Louisa Hanoune, qui achève une tournée à travers plus d'une trentaine de wilayas du pays, prévoit un fort taux d'abstention.En 2012 déjà , les législatives, organisées à une époque où les tensions se faisaient nettement moins ressentir qu'aujourd'hui, s'étaient soldées par un taux de participation de 42,90%. Un taux raisonnable jugé conforme à la nature d'un évènement connu pour ne pas emballer les masses. La question qui se pose à présent est de savoir si cette norme pourra être maintenue cette année.Les candidats à l'élection de 2017 évoquent eux-mêmes la possibilité d'une abstention d'où sortira le chiffre le plus bas de l'histoire de l'Algérie. De ce fait, le 4 mai est désormais perçu comme une date symbole censée renseigner définitivement sur la véritable nature des relations entre la société et le pouvoir et démontrer de quelle manière ce dernier compte dépasser cette épreuve.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)