Intervenant dans un contexte particulier, la commémoration du 74e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945 a été marquée, cette année, par l'organisation à Sétif de deux marches distinctes, lesquelles n'ont connu aucun heurt.La première comprenait les officiels et nombreux citoyens et parents des centaines de victimes ne bénéficiant toujours pas de statut de «martyr». L'atmosphère était, le moins que l'on puisse dire, lourde. Occupant traditionnellement la tête du cortège, les jeunes scouts, en nombre restreint cette fois-ci, ont été contraints de suivre, en l'absence des anciens n'ayant pas l'habitude de zapper ce devoir de mémoire.
Prenant le départ à partir de la célèbre mosquée de la cité Langar, où a été donné le coup de starter de la marche pacifique du mardi 8 Mai 1945, le deuxième cortège était essentiellement constitué d'enseignants de l'université et d'étudiants criant haut et fort leur rejet du système et de ses symboles, entre autres Bensalah et Bedoui sommés de déguerpir.
Portant une gerbe de fleurs déposée en fin de parcours au mémoriel Saal Bouzid, premier martyr d'une boucherie perpétrée à huis clos, les manifestants ont repris différents slogans du mouvement citoyen du 22 février : «Système dégage !», «Non à la issabaa !» (la clique), «Djazair houra dimocratia !» (Algérie libre et démocratique) «Activez les articles 7 et 8 !».
Ayant gros sur le c?ur, les marcheurs fustigent les 19 députés de la wilaya, inscrits à l'occasion aux abonnés absents. «La commémoration de l'une des plus grandes étapes de notre histoire contemporaine est passée comme une lettre à la poste.
Les décideurs ?d'en haut? et ?d'en bas? n'ont pas jugé utile de concocter un programme à la dimension des sacrifices consentis par les martyrs du 8 Mai 1945, ne figurant apparemment pas dans l'agenda des députés du 102.
Honte à ces pseudos représentants du peuple pour lesquels la mémoire est une question subsidiaire», tonne un groupe de marcheurs à bout de nerfs. Et de poursuivre : «L'autre aspiration du mouvement citoyen du 22 février est la réappropriation de la dignité bafouée, de l'histoire cadenassée et de la mémoire confisquée par l'amnésie d'un système allergique à toute idée de criminalisation du colonialisme français. Le temps de la négation des sacrifices des meilleurs enfants de notre chère Algérie est révolu.
Nous devons nous mobiliser pour faire du 8 Mai 1945 qui a, faut-il le rappeler, endeuillé tout le territoire national, une journée nationale chômée et payée, dédiée à la ??Résistance''.
On doit par ailleurs tout entreprendre pour forcer la main aux décideurs d'en haut pour qu'ils reconnaissent, aux victimes de Mai 1945, le statut de martyrs et mettre, le cas échéant, un terme à l'injustice n'ayant pas lieu d'être dans l'Algérie de demain», précisent nos interlocuteurs qui tenaient à transmettre un message codé : «Le 75e anniversaire de Mai 1945, c'est demain?»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Beniaiche
Source : www.elwatan.com