Hammam Rabi menacé de fermeture
Réduite à un débit de 3 litres/seconde, en raison du pillage illicite de ses eaux à l’intérieur d’une zone protégée par une ordonnance datant de 1976, la source d’eau chaude alimentant la station thermale de Hammam Rabi, risque de se tarir bientôt et mettre au chômage toute la région.
Cette source d’eau chaude naturelle, sise dans la commune d’Ouled Khaled et distante de 12km de Saïda, s’appelait «Hammam Errabie» car elle était entourée par 12 hectares de verdure, mais les gens habitués à prendre des bains gratuits l’ont affublée du nom qu’elle porte à présent «Hammam Rabi» (Bain du Bon Dieu). Son eau sulfureuse serait très efficace dans la guérison des diverses maladies dermiques, sa température étant maintenue à 47°C. L’établissement qui était exploité par un privé français, avant l’indépendance, a été versé dans le patrimoine de l’Etat, avant d’être transformé dès 1974, en station thermale. Par la même occasion, fut instaurée l’interdiction du fonçage des puits sur une zone de 100km², une zone rouge décrétée par l’ordonnance 76/80 du 23 octobre 1976. Durant cette transformation, il a été réalisé 50 cabines de baignades individuelles, dont 21 réservées aux femmes, ainsi que 13 suites équipées et 12 bungalows.
La menace qui pèse sur ce patrimoine est liée en fait au pillage des ressources hydriques qui l’entourent. Selon certains connaisseurs, pas moins de trois secteurs devraient être concernés par ce phénomène. Il s’agit de l’Hydraulique, de l’Environnement et de la Santé publique. En fait, le pompage illicite des eaux thermales et la réouverture d’autres puits de la zone, sur des décisions juridiques émanant récemment du tribunal administratif... d’Oran, auront pesé lourd sur le devenir de la station thermale de Hammam Rabi, qui continue néanmoins à faire vivre des centaines de familles. «Une décision porteuse de ruine et de chômage», avouera tristement un travailleur de l’entreprise. Et de se demander à qui donc profite la situation?
Selon le directeur de cette station thermale, M. Berazi, la situation financière de son entreprise est loin d’être brillante et le sort de ses employés, ainsi que celui des commerçants et des transporteurs qui vivent des retombées économiques de cette station, reste pour le moins inconnu. La raison, pour lui, en revient avant tout au pompage illicite des eaux dans la zone rouge sus évoquée et normalement sécurisée et protégée par les lois de la République. C’est ainsi que la station qui enregistrait plus de 800 curistes par jour, durant les années passées, est incapable maintenant d’assurer la prise en charge de même pas la moitié de ce nombre. La perte hydrique résultant de ces pompages incontrôlés se traduit en termes financiers par une perte sèche de plus de 40.000Da/jour, sans compter les recettes perdues du restaurant et de la cafétéria, obligés de fermer avant 14h00, avec le reste de la station.
A ce rythme, l’eau ne coulera bientôt plus dans les robinets des cabines thermales, en raison du pillage systématique et illicite pratiqué impunément par une bonne dizaine d’agriculteurs «aux bras longs», si l’on en croit certains jeunes de la localité. Contacté par nos soins, un cadre de l’Hydraulique nous a pourtant déclaré «qu’aucun de ces agriculteurs n’a l’autorisation de l’exploitation des puits qu’ils ont en leur possession». Alors, que se passe-t-il au juste? Avec un débit réduit à 3 litres/seconde, la station fermera certainement ses portes aux curistes de la région ouest, parmi eux des malades, tandis que des centaines de pères de familles se retrouveront au chômage. La wilaya de Saïda n’avait pas besoin de ce mauvais coup, elle qui a déjà fermé ses deux zones industrielles.
B. El-Merini
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com