Encore une fois incroyable mais vrai. Unefemme âgée de 106 ans assidue chaque soir, à la mosquée, à la prière de«Taraouih». Comme tous les autres fidèles, elle se tient debout durant toute laprière. La bonne femme vit, depuis au moins trois quarts de siècle, à Sidi Safiprès de Béni-Saf.Ironie du sort, tout le monde la connaît, toutle monde la voit presque tous les jours sauf que jamais personne n'a osé ensavoir sur son âge. Mardi passé, lors d'une banale conversation, avec l'un deses fils, abordant la santé à l'âge de la sénescence, ce dernier nous fit cetterévélation «Moi ma mère a 106 ans, et elle se porte toujours bien». Et ilenchaîne «Et chaque soir, en ce mois de Ramadan, elle va à la mosquée duquartier pour faire la prière de «Taraouih». Le scoop était de taille, je luireprends la parole et lui propose d'aller rencontrer sa bonne maman. Lerendez-vous est alors pris pour le lendemain mercredi à Sidi Safi. Avant de sequitter, il nous dira que sa mère s'appelait Mama SAIDANI née CHIKH et qu'elleétait née en 1901. Mercredi, il est 14 heures, et on est au n°10 à la cité du08 Mai 45 où elle vit avec son fils cadet Bouziane. C'est lui qui nous reçoitau seuil de sa maison et c'est elle qui nous accueille dans une pièce servantde salon. A notre question «Quel âge avez-vous ya yama ?», elle répond illico :«106». On enchaîne avec des questions et notre étonnement ou plutôt notreadmiration, était qu'à chaque question, il y avait tout de suite une réponseclaire. Ce qui indique que Khalti Mama avait toujours une bonne ouïe et unesprit clair. Pour avoir le cÅ“ur net, on a demandé à son fils Bouziane de nousmontrer son livret de famille. A la deuxième page, on peut lire : Acte n° 94,Chikh Mama épouse SAIDANI née le 20 septembre 1901 à 09 heures dans la communede Béni-Saf (elle nous dira qu'elle était née près de Sidi Mehdi un hameau à 10km plus à l'ouest), fille de Si Abdelkader Ould Si El-Mehdi (tous deux desTolbas, nous dira-t-elle) et de NOUIA Messaouda Bent M'Barek. Plus tard, on serendra à la mairie de Béni-Saf, confirmer tout cela sur l'une des matricesprésentées par un agent de l'état civil. Si Khalti Mama est petite de taille ettrès mince et ses yeux semblant un peu perdre de leur acuité, son visage semblemoins chargé de rides au vu de son âge, ni encore son ouïe et son esprit quisont d'une telle lucidité à faire rougir un octogénaire ou sexagénaire. Khaltin'a certes plus ses dents mais elle n'a pas eu trop de problèmes de santé danssa vie, ni aujourd'hui encore. Elle s'alimente le plus simplement du mondecomme toujours durant tout ce siècle, une hygiène alimentaire saine, quoi !On nous dit que Khalti Mama avait un coeurgros, comme ça, et qu'elle avait toujours le sourire au visage et qu'elle ne semêlait pas trop dans les affaires des autres (comprendre moins de stress). Ellea assisté, à plusieurs reprises, des femmes du village à accoucher. La moitiédu village peut-être nous dira-t-on, puisqu'elle était avec une autre femme,les seules à exceller dans ce genre de rôle. «Un don divin», dira modestementKhalti Mama, elle-même elle a eu 06 enfants dont 04 sont toujours en vie, et 24petits-enfants. Tiens, en novembre 54, elle avait 48 ans et elle nous a dit serappeler comme si c'était hier de cette guerre contre l'occupant. Elle nousparlera de quelques héros de la région comme Miloud «Rabaj» de son vrai nomBensafi Miloud (Rabaj qui veut dire ravage, terme utilisé par les soldatsfrançais qui, après une action armée menée par Miloud et ses compagnons,disaient souvent «Miloud a encore fait des ravages». Elle citera aussi : «lesFrères Bendaoud, Bentata, Djelloul le frère de Miloud, Boukraâ, Bensalah...»et, la liste était longue. Elle avait souvent préparé des galettes et du pain àces djounouds. Elle se rappelle aussi de l'encerclement de 08 jours décidé parl'armée coloniale pour rechercher les djounouds combattant dans la région.Et si Khalti Mama assiste à la prière de«Taraouih» elle nous dira qu'elle observe le jeûne «Sabraâ» (06 jours deChaouel), qu'elle a toujours fait son devoir électoral et que son rêve est defaire un voyage Omra aux Lieux Saints. L'entretien ne pouvait trop durer depeur de fatiguer notre doyenne ou de lui «casser» sa sieste, si sieste avaithabitude de se faire. On lui fit nos adieux, lui promettant de revenir le jourde l'Aïd El-Fitr. Pour l'histoire encore dans cette localité de Sidi Safi, chezles hommes, le doyen s'appellerait Bensafi Baghdadi. Il aurait 102 ans, etchaque jour, nous dit-on, il va dans ses terres, 3 km plus loin, pour donnerquelques coups de pioche. Ses potagers donnent toujours des petits-pois, desfèves.. Qu'Allah prolonge la vie à tous ces providentiels.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Bensafi
Source : www.lequotidien-oran.com