
Arrivé mercredi vers 19 heures à l'aéroport d'Oran, Ammar Saidani a bénéficié d'un accueil digne d'un chef d'Etat et non d'un simple SG de parti politique. Tous les élus du parti et les membres du Comité central se sont empressés de recevoir l'hôte d'Oran ; certains juste dans l'espoir d'être remarqués par le nouveau patron. D'ailleurs, le remplaçant de Belkhadem est passé par le salon d'honneur réservé au président de la République et aux invités de marque de passage à Oran. Tous les préparatifs de son arrivée et son séjour à El Bahia se sont déroulés sous l''il vigilant de Mohamed Djamai, un élu de M'sila, qu'on qualifie de «nouvelle grosse fortune», qui a rejoint les rangs du parti il n'y a pas longtemps. A l'aéroport, Saidani ne s'est pas trop éternisé, puisqu'il a rejoint, sous bonne escorte, la suite qui lui a été réservée à l'hôtel Le Méridien. Même sur le lieu de sa résidence, il n'a accordé aucune attention à celles et à ceux qui ont cherché à le saluer. La foule qui a envahi l'aéroport a été canalisée vers le siège de la Mouhafada pour retirer le badge donnant accès à la somptueuse salle de conférence de l'hôtel où il devait donner son discours le lendemain. Signalons que les militants de quatorze wilayas de l'Ouest devaient assister à la rencontre, consacrant la première partie entre le nouveau chef et les cadres et militants du parti. Lors de son discours, consigné sur des feuilles et qui n'a pas excédé une vingtaine de minutes, Saidani a avancé une sorte de feuille de route du parti pour les semaines et mois à venir. Il a avancé un programme en dix points où il est question de renforcement des rangs et de modernisation du parti, de son redéploiement, de relance des structures et instances et de renforcement de la direction sur le plan politique national. Saidani, n'a pas versé dans l'éloge de Bouteflika qu'il a cité uniquement deux fois dans son discours en rappelant son statut de président du parti. Par contre, il a longuement insisté sur l'impératif d'accepter les «tendances» au sein du parti. Ce qui nous renvoie à un ancien débat remontant aux années 80 du siècle dernier où le FLN était ballotté entre parti avec une ligne unique ou formation regroupant différentes sensibilités. L'intervenant a parlé de nécessité de tolérance au sein du parti. Cependant, il n'a à aucun moment évoqué les prochaines présidentielles prévues en principe en avril prochain. Il terminera son discours en réfutant l'idée de «mettre» le FLN au musée. Le FLN est cité dans l'hymne national, avancera-t-il comme argument. Notons que la salle d'une capacité d'accueil de 3.000 personnes a été presque remplie. Cependant, le nouveau SG, non rompu à l'art de discourir, n'a pas su capter les présents puisque les fauteuils ont commencé à se vider au bout d'un quart d'heure. Ajoutant que Djamel Ould Abbès ainsi que Si Affif étaient parmi ceux qui ont fait le déplacement à Oran pour assister à ce meeting qui s'est terminé au bout de quarante minutes tout au plus. Les premières conséquences de cette sortie de Saidani, c'est la consécration, sur le plan local, de Dinar, «un jeune loup» en tant que Mouhafed au niveau d'Oran. Mustapha Abid, un ex-colonel de la glorieuse ALN et ex-président de la commission de défense nationale lors de la précédente législature, semble définitivement déclassé. Lors de la visite de Saidani, il semblait totalement perdu, alors que l'actuel occupant de l'ex somptueux siège de la Barclay Banque, se comportait en véritable chef puisque c'est lui qui a veillé au dispatching des badges. En tenant à prononcer un mot, avant que Saidani ne prenne la parole, il a réussi à marquer son territoire et surtout il a affiché ses prétentions.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ziad Salah
Source : www.lequotidien-oran.com