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Saïda Neghza. Vice-présidente de la CGEA : «Les plans de charge sont conçus sur mesure» Economie : les autres articles



Saïda Neghza. Vice-présidente de la CGEA : «Les plans de charge sont conçus sur mesure» Economie : les autres articles
A la tête de plusieurs conseils d'administration de sociétés du BTPH, Saïda Neghza est connue à la CGEA pour son naturel et son franc-parler. De par sa fonction au sein de l'organisation patronale, l'opératrice économique est restée en contact régulier avec les PME algériennes, ce qui lui permet d'en savoir un peu plus sur leurs problèmes. Elle nous en parle, dans cet entretien, et nous livre son point de vue, notamment sur la situation dans laquelle évolue l'entreprise de bâtiment.
-A l'occasion de l'installation de ses bureaux à travers les 48 wilayas du pays, la CGEA s'attelle, depuis quelque temps, à recueillir sur le terrain les doléances des entreprises algériennes. Quelle est l'idée générale que vous en tirez '
Ce qui nous a frappé le plus, c'est que les contraintes auxquelles font face les entreprises algériennes sont quasiment identiques dans toutes les wilayas et touchent pratiquement tous les secteurs. Nous avons sillonné, jusqu'à présent, 32 wilayas et je me demande si réellement le gouvernement est au courant de ce qui se passe sur le terrain. D'ailleurs, comment pourrait-il être au courant lorsque les walis et les responsables locaux déclinent, à chaque fois, nos invitations à assister aux rencontres que nous organisons avec les chefs d'entreprise ' Le mal est si profond qu'il a fini par décourager bon nombre d'investisseurs.
Pourtant, nous avons participé à plusieurs tripartites avec les pouvoirs publics et nous leur avons tout expliqué. Mais concrètement, nos doléances et nos préoccupations ne sont pas prises en considération, puisque la situation n'a pas changé et les entreprises continuent à vivre des situations de plus en plus contraignantes, notamment dans le bâtiment.
-Justement dans ce secteur, comme dans d'autres d'ailleurs, l'option retenue par le gouvernement tend à favoriser le partenariat étranger. Qu'en pensez-vous '
Sur le principe, nous ne sommes pas contre le fait que les entreprises étrangères viennent travailler en Algérie. Mais nous avons constaté que beaucoup d'entres elles n'ont rien ramené de plus au pays. Il y a aussi des entreprises étrangères qui n'ont, à ce jour, aucun plan de charge pour la simple raison qu'elles ont été ramenées par le privé algérien. Il n'y a que celles qui ont conclu des accords avec le gouvernement qui ont pu bénéficier de plans de charge et de projets, avec en sus, tous les avantages financiers et les facilités administratives possibles et imaginables.
L'entrepreneur algérien se retrouve aujourd'hui perdant sur toute la ligne, qu'il travaille tout seul ou en partenariat avec d'autres entreprises. On nous a demandé de nous constituer en groupement. Personnellement, j'ai créé une SPA de 27 entreprises spécialisées dans le bâtiment, les travaux publics et l'hydraulique. Malheureusement, nous n'avons rien pu faire par la suite à cause de l'éternel problème de qualification qu'on exige de nous. Pour vous dire la vérité, les cahiers des charges sont aujourd'hui conçus sur mesure au profit de certaines entreprises locales ou même étrangères. Il faut se demander pourquoi, sur toute une wilaya, on ne trouve que quatre ou cinq entreprises qui travaillent et bénéficient de projets. C'est parce que ces entreprises n'hésitent pas à corrompre des responsables.
-Certains évoquent la question des compétences et des qualifications pour expliquer cela'
Je peux vous assurer que ce n'est pas du tout une question de compétences. Il faudrait qu'on regarde d'abord toutes les difficultés auxquelles l'entrepreneur algérien fait face. Que peut-on faire, par exemple, face au retard des PV de réception qu'on ne nous délivre que 15 jours après le coulage de la dalle '
Ce sont les maîtres d'ouvrage et les bureaux d'étude qui sont souvent à l'origine des entraves rencontrées par les entreprises de construction. Nous défions tous ces responsables qui nous accusent d'incompétence de prouver leurs dires et nous sommes prêts à relever tous les défis, pour peu qu'ils nous facilitent la tâche. Que peut-on attendre d'une entreprise qui construit pour le compte de l'Etat mais ne se fait pas payer ' Les banques étouffent de surliquidités mais refusent de prêter aux entreprises. Nous aurions souhaité participer au programme de logement du chef de l'Etat, mais nous éprouvons beaucoup de difficultés à le faire.
-Pourtant, les entreprises étrangères sont, elles aussi, confrontées au même climat'
Absolument pas. Quand une société est ramenée par le gouvernement, toutes les facilités lui sont accordées. Elle ne trouve pas, en tout cas, les mêmes handicaps qui empêchent l'entreprise algérienne de travailler.
Non seulement les constructeurs algériens ne sont pas aidés mais, en plus de cela, on exige d'eux des performances qu'ils ne peuvent acquérir que si le gouvernement les accompagne et leur donne l'occasion de travailler, au même titre que l'entreprise étrangère.
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