
Composée d'une trentaine de personnes, la délégation des échanges culturels de la wilaya d'El-Tarf a plié bagages ce samedi après-midi sans même diner en ville. Installés depuis mardi à la Maison de la Culture Mustapha-Khallef, ils ont dû amèrement exposer les symboles culturels des richesses inestimables de cette belle wilaya, double gardienne de nos deux frontières au nord oriental du pays. L'animation musicale était assurée par deux trios, l'un pour la Zorna et l'autre bédouin avec bendirs et flûtes accompagnant le chanteur populaire Bouregraa.Quatre animateurs chevronnés égayaient le difficile théâtre pour enfants qui s'en donnaient à c?ur joie à la grande satisfaction des parents accompagnateurs. Par ailleurs, la collection de pièces de monnaie anciennes ne sont pas traduites pour leur historique si riche et qui retrace le passage de différentes civilisations. L'exposition, diverse et variée, représentait, outre l'habit traditionnel féminin, de grandes affiches publicitaires consacrées aux turbulences douloureuses de l'enfance syrienne. L'art graphique s'insurgeait dans sa partie moderne mais s'avérait plus attrayant dans ses portraits rêveurs de la nature morte. Concoctés par deux « beausaristes», le plus jeune étant encore sous l'emprise de la timidité artistique est très prometteur pour une relève assurée, l'autre, plus vieux, également artisan, est un jaloux propriétaire de chef-d'?uvres miniaturisés qui feront à l'avenir sa grande renommée.Cette région, célèbre par sa richesse maritime tant convoitée, a grandement valorisé le corail par la confection de jolis colliers pour fillettes, boucles d'oreilles et bagues en relief qui n'ont rien à envier à l'or, enfin des bracelets coulissant aux mains féminines. Mais le clou de cette exposition demeure sans conteste la créativité de Mr Achour Boualem, artiste-peintre mais surtout artisan qui réalise sans concurrence la sculpture sur bruyère en produisant des veilleuses, porte-clés, lampadaires et bien d'autres bibelots qui ne peuvent être plagiés car l'artiste détient la délicate préparation de ce sous-arbrisseau (de la famille des éricacées) par un assemblage avec la corne de bovins pour en produire surtout des pipes. Ces produits artistiques, très prisés par les touristes étrangers surtout, ont poussé l'auteur encore méconnu de fonder en 1977 déjà, à El-Kala, une coopérative familiale dénommée «Art et Tradition». Son talent l'a fait sillonner, outre l'Algérie profonde, les régions du Maghreb, les pays du Machrek, la Bulgarie et enfin le nord lillois en 2003 à l'occasion de l'année de l'Algérie en France. Ce peintre et sculpteur, cet autodidacte origine de Sidi Bel-Abbès (né à Aïn El-Berd en 1944) a exposé dans les grandes galeries nationales.Dévoilé à plusieurs occasions par la chaine Canal Algérie, il demeure cependant méconnu du grand public et de la presse écrite à laquelle il pourrait dévoiler tant de projets innovants, en attendant de pouvoir achever la réalisation d'un atelier qui lui permettrait de se consacrer à la formation de jeunes talents. Le parcours de cet artiste engagé mériterait qu'on y revienne plus longuement pour dévoiler encore d'autres talents.A propos du départ hâtif de la délégation de la wilaya d'El-Tarf qui nous a laissés sur notre soif, son responsable l'impute à l'accueil et surtout aux conditions disparates de la restauration. Déjeuner convenable dans un ancien restaurant au centre-ville, le dîner cependant souffrait de la qualité du menu et surtout de l'éloignement. Un restaurant encore nouveau à la sortie nord-est de la ville. Et enfin l'hébergement à 11 km dans la station thermale de Hammam Rabbi où les coupures d'eau étaient conditionnées vers 21h pour garantir, de nuit, le stockage des réserves.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tahar Diab
Source : www.lequotidien-oran.com