
«On n'a pas le choix...!». C'est par cet aveu que Carlos Ghosn, P-DG de Renault, a annoncé dans un entretien au quotidien français que son groupe avait (finalement) décidé d'investir en Algérie. «Nous ne pouvons pas ignorer le souhait du gouvernement algérien de se doter d'une usine... On le fera!» a-t-il précisé. A la bonne heure! Mais qu'est-ce qui a transformé ce P-DG en quelqu'un de plus alerte et qui ne traîne plus les pieds comme il l'a fait depuis des années' Il donne lui-même la réponse: «S'il y a une usine en Algérie, nous ferons tout pour qu'elle soit Renault.» Il fait allusion à la concurrence d'autres marques comme Mercedes et Volkswagen notamment. La première marque allemande a déjà signé, en juillet dernier, les actes de création de trois sociétés à capitaux mixtes algéro-émirati-allemands. Il s'agit de la production en Algérie de camions, cars, bus, de véhicules industriels, d'engins agricoles et de travaux publics et une modeste part de 10.000 véhicules tout-terrain et utilitaires par an. Le tout sous le label, très connu, Daimler. L'autre marque allemande, Volkswagen, est en pourparlers avec les autorités algériennes depuis une année. Là il s'agit d'un projet de production de véhicules utilitaires pour les besoins du marché algérien mais aussi avec la vision d'exporter vers l'Afrique. Pour dire l'importance du projet en cours. Renault sait que les allemands ne plaisantent pas. C'est pourquoi Ghosn passe du «point mort» pour redémarrer sur les chapeaux de roues. Certaines sources affirment même qu'il panique tellement qu'il a osé demandé aux autorités algériennes de lui accorder l'exclusivité ou plutôt, s'agissant du monde des affaires, le monopole. Chacun aura compris la tentative d'écarter les allemands. On passe de la «dragée haute» au syndrome de «l'enfant gâté». Même topo pour l'autre groupe français du médicament Sanofi. Pris la main dans le sac par le précédent ministre de la Santé, Djamel Ould Abbès, avec des surfacturations de ses importations, ce labo a été condamné par la justice algérienne. Il a tenté de «rouler des mécaniques» en menaçant de se retirer. «De tels investissements... dans notre engagement ne sont possibles que si nous pouvons exercer notre métier et nos activités dans un climat de confiance, de dialogue...» avait «averti» Antoine Ortoli, vice-président du groupe avant d'introduire un recours auprès de la cour d'appel. Un chantage qui n'a rien donné puisque la cour a confirmé, par la suite, le premier jugement. Du pire, Sanofi est passé au meilleur. Il y a quelques jours, une dizaine de journalistes algériens ont été invités par Sanofi à visiter ses installations à Frankfurt où le groupe produit de l'insuline. Ce qui a donné lieu à des reportages, plutôt élogieux, dans nos journaux. Dans la foulée, le même Antoine Ortoli, en profite pour retirer sa «menace» et dire que «cette affaire (la condamnation pour surfacturation) ne remet nullement en cause nos projets d'investissements en Algérie». Il ajoute même que son groupe est sur un nouveau projet d'investissement de tout un complexe industriel à Sidi Abdallah. Miracle de la concurrence là aussi car quelques semaines plus tôt, le danois Novo Nordisk a signé avec Saidal un important accord de partenariat pour produire «toutes les formes d'insuline» et couvrir ainsi 25% des besoins de notre pays. Du coup, Sanofi change de ton et se fait plus conciliant. Il remplace le directeur de sa filiale Algérie et multiplie les propositions comme la production de vaccins en Algérie. Le temps est à la décrispation. «On peut tourner la page sans la déchirer» a-t-on coutume de dire en pareille circonstance. Une nouvelle phase de probation s'ouvre pour Renault et Sanofi grâce au rapport de forces inversé. Ainsi vont les affaires!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouhir MEBARKI
Source : www.lexpressiondz.com