Saida - Revue de Presse

Plus de 70 millions d’Euros partis en fumée



L’importation de Tamiflu au centre d’un grand scandale   L’importation «abusive» de Tamiflu, vaccin antigrippal, par certains opérateurs ayant bénéficié de lignes de crédits financiers du ministère des Finances, est au centre d’un très grand scandale. Des sénateurs s’apprêtent justement à interpeller, lors de la prochaine session, le ministre des Finances et celui de la Santé. Pour parer à une éventuelle épidémie de grippe aviaire causée par les volatiles, le ministre des Finances a alloué des lignes de crédits à certains importateurs de médicaments, estimées à 70 millions d’euros pour importer du Tamiflu, seul vaccin mis sur le marché contre cette maladie endémique du siècle. Parallèlement, l’entreprise nationale Saïdal, et pour faire face à une demande nationale éventuelle de ce médicament, a acquis la molécule et a produit au cours de l’année 2005/2006 quelques 600.000 unités de Tamiflu au prix de très grands efforts scientifiques et financiers. Aujourd’hui, le constat est difficile à digérer. En effet, les énormes quantités importées par les opérateurs privés et celles produites par Saïdal sont considérées comme une perte sèche du fait que la durée d’utilisation de ce médicament est limitée à une année. Du coup, les préjudices causés à Saïdal sont inestimables. D’après les sénateurs, qui ont mené cette enquête et qui ont déjà saisi officiellement les autorités compétentes, cet état de fait est dû au manque de coordination entre le ministre des Finances et celui de la Santé d’un côté et, de l’autre, à une réelle volonté de nuire à l’entreprise Saïdal. Ils appuient leur thèse en se basant sur un autre problème qui continue de pénaliser cette entreprise nationale stratégique, celui des médicaments génériques importés alors qu’ils sont produits par Saïdal, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Comparativement, les génériques importés sont d’une qualité largement en deçà des normes scientifiques requises. D’après les statistiques et les rapports de l’OMS, 60% des génériques et des médicaments vendus notamment en Afrique sont des contrefaçons et ne sont actifs qu’à 5 ou 10% et, dans certains cas, nocifs même pour la santé publique. De plus, le manque ou l’insuffisance des laboratoires de contrôle au niveau de ces pays ont favorisé la prolifération de la contrefaçon des médicaments et notamment les génériques. Alors que les experts du secteur de la Santé sont unanimes pour dire que les génériques et les médicaments produits par Saïdal sont d’une qualité conforme aux normes médicales requises. Les Sénateurs, en charge de dossier sensible, ne comptent pas s’arrêter là et espèrent évoquer aussi le non-remboursement par la sécurité sociale des génériques produits par Saïdal alors que les mêmes produits importés sont remboursables. Ils considèrent que le diktat imposé à cette entreprise stratégique par les barons de l’importation du médicament n’est qu’une volonté délibérée tendancieuse pour liquider Saïdal. Tout le monde connaît la malheureuse aventure de la société «NOVA Nordisk», leader mondial de la production de l’insuline, partenaire de Saïdal, et qui n’a pu réaliser son unité à Tizi-Ouzou qu’après plusieurs mois d’entraves et d’embûches au point où l’entreprise danoise était sur le point de résilier son contrat avec Saïdal pour installer son usine en Tunisie. En fait, cette unité touchait directement les intérêts des barons de l’importation des médicaments qui mettent toujours leurs intérêts mesquins au- dessus des intérêts suprêmes du pays et de la population. Rien ne les arrête même s’ils exposent leurs compatriotes au danger en important des médicaments inactifs à des prix dérisoires pour les revendre aux prix forts au détriment de la santé publique de leurs concitoyens. B. Soufi
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)