Après de longues années d'errement, le Centre national de toxicologie a enfin trouvé sa véritable vocation.
Il était temps. En décidant de s'intéresser de plus près au «marché» du médicament, l'Etat est déterminé de remettre de l'ordre dans la maison en instituant des moyens de contrôle plus efficaces pour détecter les «médicaments contrefaits» et mettre hors circuit les grossistes et autres distributeurs indélicats qui profitent de la détresse des malades pour s'enrichir et amasser des fortunes colossales.
Lors d'une visite guidée qui nous a mené jeudi jusqu'à l'Institut Pasteur de Dély Ibrahim, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Djamel Ould Abbès a déclaré que les jours des «maquignons du médicament» sont comptés et que l'Etat a mis en branle un dispositif de contrôle pour assainir le secteur.
Visiblement très remonté contre ceux qu'il a qualifiés de grossistes tricheurs, le ministre a cité l'exemple de ces importateurs qui ont présenté des factures de l'ordre de 6 000 dinars pour l'achat d'un kilogramme de médicaments, alors que la société Saidal n'a déboursé que 200 dollars pour la même quantité de produits.
Ce n'est pas tout, la cupidité du gain a poussé d'autres à présenter des factures qui vous glacent le sang. Selon Djamel Ould Abbès, «un grossiste distributeur a déclaré qu'il a acheté une quantité de médicaments pour plus de 100.000 dollars, quota que des importateurs indous disent avoir payé à 170 dollars.» Evoquant la rupture de certains médicaments que les malades ont du mal à se procurer sur le marché, notamment ceux destinés à soulager la douleur des cancéreux, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, a indiqué que «le Président de la République, Abdelazziz Bouteflika a été saisi, personnellement, du problème et qu'il a donné instruction pour que les médicaments en question soient disponibles le plus tôt possible dans les pharmacies.»
Afin d'expliquer la place qu'occupe la santé publique dans notre pays, Djamel Ould Abbès a précisé que «l'Etat a mis à la disposition de la pharmacie centrale 57 milliards de dinars, cette année parce que, ajoute-t-il, la santé n'a pas de prix.»
S'agissant des patients souffrant de cancer, le ministre, tout en affirmant qu'il partage leur peine, a souligné que l'Etat paie 900 milliards de centimes, en moyenne par an rien qu'en achat de médicaments pour cancéreux. Lors de sa visite des différents laboratoires de l'Institut, au cours de laquelle il a pu s'entretenir longuement avec le professeur Alamir, directrice du centre et ses principales collaboratrices, le premier responsable du secteur n'a pas caché sa satisfaction en découvrant ce centre national de contrôle, véritable joyau au service de la médecine et des malades dont l'absorption de certains médicaments provoque chez eux des effets secondaires indésirables.
Selon le docteur Loumi, chef de département pharmaco et vigilance, «la mission du centre de toxicologie est le dosage des médicaments dans le sang.», car «tout médicament présente des avantages qui s'expriment en efficacité pour changer favorablement l'évolution d'une maladie, mais malheureusement ce dernier effet est parfois accompagné d'inconvénients comme des effets secondaires indésirables qu'il faut garder dans des proportions raisonnables mais surtout supportables par le malade.»
En d'autres termes, «la pharmacovigilance se charge de recueillir et de signaler la gravité de ces inconvénients.» A une question sur la mission de contrôle qui est dévolue à l'institut, le docteur Loumi a tenu à préciser que «c'est le laboratoire national, situé à l'intérieur du centre qui se charge du contrôle. Notre mission à nous, c'est d'examiner et analyser le médicament qui est mis en vente sur le marché.
Profitant de la visite du ministre sur les lieux, la directrice du centre n'a pas manqué d'attirer son attention sur les cas de piqûres de scorpion qui ont atteint 50.000 en 2011 et ont provoqué la mort d'une centaine de citoyens dans le Sud.
«Pourquoi ne pas construire un centre à Biskra pour enrayer ce dangereux fléau auquel sont exposées quotidiennement les populations des Hauts-Plateaux'», a-t-elle lancé à l'adresse du ministre qui a dit qu'il était favorable et qu'il allait tout faire pour concrétiser ce projet.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kaci AGGAD
Source : www.lexpressiondz.com