Le Mouloudia grandit petit à petit
Depuis quelques saisons, l’hégémonie des clubs dits à gros budget, excepté la JS Kabylie et l’ES Sétif, est remise en question. En effet, le MC Alger, l’USM Alger, le MC Oran, le CR Belouizdad, autant de clubs aux moyens conséquents, ont été bousculés par ce que l’on pourrait appeler les clubs à petits budget. Il suffit de jeter un coup d’œil au classement de la phase aller.Pour réussir, ces petits clubs ont profité des erreurs des clubs plus importants, misé sur la stabilité de leur effectif, et chose fondamentale, fait preuve d’humilité. Et, ce n’est pas un hasard si le Mouloudia de Saïda a pu mettre au piquet la JSM Béjaïa ou bousculé le champion en titre l’entente de Setif. De même que l’AS Khroub qui s’est offert le scalp de l’ES Sétif et l’USM Annaba, formations pourtant rompues aux joutes de l’élite nationale. Le MC Saïda mise toutes ses billes sur le jeu. Le fait d’être moins médiatisé ne peut que l’aider à se désinhiber. Il veut se montrer et montrer qu’il a le niveau pour évoluer en «Nationale Une», alors il essaie de produire du beau jeu, de régaler les supporters qui viennent le soir au stade «13 Avril 1958», même s’il n’est pas en avance, en termes de préparation physique. Forcément, rien d’étonnant, si on le voit s’inviter aux places d’honneur du championnat. Aux manettes, Hamouche et Seloua, des techniciens adeptes du jeu en mouvement de la percussion et de l’envie sur le terrain. Hamouche comme Seloua ont connu des fortunes diverses dans ce métier mais restent convaincus d’une chose, le MC Saïda ne peut s’en sortir que s’il produit du beau jeu. Pas de noms ronflants, pas de salaires exorbitants au sein de leur club mais une très bonne appréciation des valeurs individuelles. Beaucoup de joueurs en championnat sont surcotés. Le profil type devenu à la mode, est celui du joueur puissant, «déménageur» et hyper médiatisé. En revanche, le joueur intelligent capable de voir le jeu et de faire jouer ses partenaires plait beaucoup moins. Dans la composition du Mouloudia de Saïda autant de joueurs talentueux mais jugés trop frêles et peu attirants pour pouvoir résister à la broyeuse des grands clubs à l’image de Bentoucha, Derrar, Maïchi, Besbes, Hamdoune ou Hamidi, pourtant, c’est le fils des hauts plateaux qui caracole en tête du classement des buteurs. «Il n’y a pas de politique de «starification»» nous avait dit Seloua, l’entraîneur adjoint du MCS, les joueurs qui ont été recrutés ont ainsi pu s’adapter et sont à même de montrer leurs véritables capacités». Et un des proches du club d’ajouter :»Il ne faut pas se faire d’illusions, toute cette agitation autour de nous ne va pas durer. Pour continuer à jouer comme on le fait, et avec les résultats que l’on a, il faut être en mesure de nous maintenir à ce niveau. Nous, on est limité en ce moment, aussi bien physiquement que mentalement. Les grands clubs ne sont, peut-être, pas à 100% de leurs capacités mais ils disposent de plus de ressources que nous et cela va finir par payer. Et, dans notre club, c’est le collectif qui prime peut-être plus que dans les grands clubs on le foot business est roi».
Guerroudj Laredj
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com