Perspectives et... rendez-vous ratés
Annoncé depuis des années déjà, le glas de la ligne ferroviaire, reliant Mohammadia à Saïda, va-t-il sonner cette fois? C’est ce qu’appréhendent les nombreux agents qui activent le long de cette ligne que l’on dit pleine de promesses, mais qui rate à longueur de temps les objectifs tracés… L’appréhension des agents SNTF, activant dans la région et dont la majorité réside à Mohammadia, s’est particulièrement accrue depuis le dernier déraillement, survenu le 11 du mois courant au PK81+900, à la suite de l’affaissement sur son passage du pont métallique enjambant l’Oued El-Hamam, près d’El-Guetna. Un incident qui pourrait avoir de graves conséquences: la fermeture de la ligne pour de longs mois et le risque d’un éventuel redéploiement des ressources humaines vers les autres structures SNTF de la région. Le constat n’est guère rassurant, au vu des dégâts considérables occasionnés à cet ouvrage long de 65m et qui nécessite certainement son remplacement, sans oublier les dégâts causés à la voie et au matériel roulant: la locomotive de tête a eu sa cabine complètement défoncée. De gros moyens - 2 grues de 80 T et un bulldozer - ont été mobilisés à grands frais pour dégager le matériel sorti de la voie. Et, au bout d’une semaine d’efforts intenses, la voie a été remise en service le 16 avril vers 4h00 du matin.
Cet état de déliquescence a fini par faire réagir les hauts responsables de l’Etat, inquiets pour la réussite des programmes de développement qu’ils ont préconisés: le projet de normalisation de la ligne Béchar-Mécheria, prolongée jusqu’à Tabia (Sidi Bel-Abbès), en passant par Redjem-Demouche, a été lancé depuis 2004, mais son taux d’avancement ne dépasse guère les 50%. Ce projet accuse un retard énorme, lié aux contraintes du tracé. Pendant ce temps, le centre de stockage Naftal de Bourached (Saïda) continue à être ravitaillé tant mal... que bien par la voie étroite, sur laquelle se multiplient les incidents, en raison de la vétusté des rails chanfreinés et de l’instabilité du terrain. Les responsables tentent de parer au plus pressé pour maintenir la ligne en activité. Son renouvellement sur 40km (Mohammadia à Tizi) est en cours de finition par la filiale Infrarail, ce qui n’empêche pas que d’autres incidents perturbent le trafic. La situation commençait tout de même à s’améliorer, avec l’augmentation du tonnage a évacuer, jusqu’à ce que le dernier incident vienne tout remettre en cause. Pour limiter la durée de cette interruption, les responsables songent à récupérer les ouvrages du même genre, installés sur la ligne Relizane-Tiaret, fermée depuis des années entre Zemmoura et Rahouïa. Seulement, il faudra compter avec les autorités locales (walis), décidées à relancer cette ligne voire la prolonger même jusqu’à Tissemsilt. A moins que les décideurs daignent retirer de leurs tiroirs le fameux projet visant à normaliser ce tronçon, avec un tracé d’évitement du barrage de Fergoug, passant par Mascara, et dont l’annonce a été faite en 2006 par l’ancien DG, en présence du ministre des Transports, au niveau des ateliers de maintenance ferroviaire de Mohammadia. Ce projet pourrait supprimer les problèmes sus-évoqués, d’autant plus que sa ligne sera raccordée à la voie reliant, dans le futur, Sidi Bel-Abbès à Tiaret via Saïda. Encore faut-il que les walis de Mascara et de Saïda pèsent de tout leur poids pour faire aboutir un tel projet...
M. Mahi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com