«Le capital de Saïdal n’ira pas aux trabendistes»
Invité, hier, au forum «Fi El-Wadjiha» de la chaîne I de la radio algérienne, pour s’exprimer sur la politique du médicament en Algérie, le P-DG de Saïdal a tiré à boulets rouges sur certains responsables du ministère de la Santé et sur certains lobbies.
Des lobbies qui lui font, semble-t-il, de l’ombre, notamment en ce qui concerne la levée de l’obligation d’investissement en faveur des importateurs de médicaments depuis septembre 2005, le non remboursement de «son» insuline produite à Constantine et l’histoire concernant la surfacturation des équipements de cette usine, ainsi que le Saïflu, un antiviral produit en grande quantité contre la grippe aviaire.
Le premier responsable du groupe Saïdal n’a pas caché son indignation contre certains cercles empêchant le non remboursement de l’insuline produite à l’usine de Constantine. Selon lui, « il n’est pas normal qu’avec un stock de 800.000 flacons d’insuline, les hôpitaux n’en veulent pas, pour la simple raison qu’ils sont toujours sous contrat avec des laboratoires étrangers». Concernant la surfacturation de 20 millions de DA des équipements de l’usine d’insuline de Constantine, qui a coûté 13 millions d’euros, dont 10 millions d’euros pour les seuls équipements, Ali Aoun dira qu’avec cette affaire, certains voulaient le faire plonger.
Et de s’interroger: «Comment se fait-il qu’après l’inauguration de l’usine par le président de la République, en avril, l’accusation est tombée en juillet?» Il ajoutera qu’»Imma est un fabriquant; il fournit 90% des équipements dans le monde. L’opération s’est faite après un appel d’offres». Toujours est-il, le P-DG du groupement Saïdal a annoncé qu’il a intenté un procès contre «les colporteurs de ces mensonges».
D’autre part, Ali Aoun est revenu sur le fameux antiviral contre la grippe aviaire, à savoir le Saïflu produit par Saïdal. «Il n’est pas du tout raisonnable, dira-t-il, qu’après avoir fait des démarches pour décrocher la licence de le produire dans nos laboratoires, d’ailleurs les seuls dans le monde arabe et africain, que les 60.000 boîtes de Saïflu soient toujours en souffrance.» Et d’ajouter: «On a même adressé, samedi dernier, une lettre au directeur de la sécurité sociale et au ministère de la Santé, pour son remboursement. Mais la commission de la transparence qui s’est réunie sur la suite à donner à ce produit, a signifié son non remboursement.» «Heureusement, a-t-il assuré, que les 60.000 boîtes produites avec délais de péremption de 5 ans ont trouvé des repreneurs libyens et yéménites.»
Sur un autre volet, le P-DG de Saïdal s’est expliqué sur les produits génériques fabriqués par son groupe : «Saïdal a produit à elle seule 130 millions d’UV. Ajoutez-y les 20 à 30 millions d’UV des sociétés privées, ce qui nous conforte, a-t-il soutenu, dans le chiffre avancé par nous de 40% de couverture.»
Par ailleurs, Ali Aoun a mis le doigt sur la plaie de l’industrie du médicament en Algérie. Il s’agit, notamment, de la levée, depuis septembre 2005, de l’obligation d’investissement imposée aux importateurs. Ali Aoun dénonce ainsi cette politique qui menace les laboratoires locaux, et sollicite l’intervention du pouvoir de régulation de l’Etat quant aux centrales d’importation de certains médicaments qui sont produits en quantités suffisantes en Algérie. « On n’est pas contre l’importation, mais on est contre ces barons qui font tout pour casser l’industrie du médicament.»
Au sujet de l’ouverture du capital de Saïdal, Aoun est catégorique : « Nous ouvrons le capital de Saïdal à ceux qui détiennent la technologie et le savoir-faire et qui pourrait aller jusqu’à 80%, mais jamais aux trabendistes. »
A. Tilioua
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com