
Un constat: les médicaments en Algérie, particulièrement pour certaines affections et maladies chroniques manquent, alors que la facture des importations de produits pharmaceutiques, dont le médicament, a atteint en 2013 quelque trois milliards de dollars, selon les chiffres des douanes.Une situation qualifiée ‘'d'anormale'' par le professeur Farid Benhamdine, président de la Société algérienne de Pharmacie (SAP). Même si, pour lui, ‘'la facture des importations des médicaments n'est pas en hausse, car ‘'on est dans la moyenne régionale et des pays qui nous entourent'' avec trois milliards de dollars à fin 2013, un problème existe, car la soixantaine d'unités de production au niveau local sont ‘'en surcapacités de production''. Il a expliqué hier mardi à la radio nationale qu'en 2003, la même facture des importations algériennes de médicaments n'était guère plus de 800 millions de dollars. Depuis, elle a été multipliée par quatre, ‘'ce qui est important'', relève t-il. ‘'Nous sommes en surcapacité de production. Nous avons 60 usines de fabrication, mais on ne produit pas assez'', affirme t-il soulignant qu'en même temps, l'Algérie importe des médicaments. Préconisant la fabrication localement de molécules avant l'admission de l'Algérie à l'OMC, il a plaidé pour la mise en place de joint venture et de partenariat pour la production localement de médicaments. ‘'On ne produit pas suffisamment: il faut absolument former les pharmaciens pour améliorer la production nationale, opérer une refonte des études en pharmacie, améliorer la formation des pharmaciens en milieu hospitalier, et des techniciens en biologie pharmaceutique, ainsi que le soutien à la recherche pour sortir de ce cercle vicieux de l'importation de médicaments, même si en Algérie, ‘'on fabrique d'excellents génériques'', a-t-il dit. Actuellement l'Algérie produit entre 36% et 40% de ses besoins en médicaments et produits pharmaceutiques, le reste est importé. A l'orée 2015, les pouvoirs publics escomptent porter la production nationale à 65% des besoins du marché local. La part de la production nationale de médicaments réalisée par le secteur privé tourne autour de 30%, alors que le groupe Saidal (public) assure 6% des besoins du marché, dont l'insuline.Farid Benhamdine reconnaît par ailleurs que la distribution des médicaments est souvent grippée, et préconise un regroupement des importateurs-grossistes pour que la distribution soit plus cohérente avec une bonne traçabilité. ‘'Il faut mettre de l'ordre dans la distribution, entre les importateurs, les grossistes et les pharmaciens'', estime t-il, précisant que le pharmacien doit être au centre de ce processus. Estimant qu'il faut développer l'industrie pharmaceutique, il a tordu le cou aux chiffres, en rectifiant: ‘'on importe pour deux milliards de dollars, mais on consomme pour trois milliards de dollars'', assure t-il, démentant les chiffres publiés jusqu'ici. Il ajoute d'autre part que les fabricants de médicaments ne produisent pas les médicaments essentiels, en particulier contre le cancer, dont la facture des médicaments est de 36 milliards de dinars, même s'il y a des médicaments qui sont fabriqués par Saidal et Biopharm pour les formes sèches. En 2014, le forfait hospitalier sous forme de prise en charge pour cette maladie a été de 60 milliards de dinars, selon le professeur Benhamdine. Ceci l'a naturellement amené à aborder le cas de l'agence nationale du médicament, née en 2008, dotée de textes mais qui ne fonctionne toujours pas. ‘'On a tous fait pour qu'elle ne fonctionne pas'', assure t-il. Il explique: ‘' cette agence devait avoir un Conseil d'Administration composé de membres de tous les ministères, les associations de malades, le conseil de l'ordre des médecins et des pharmaciens, et du ministre de la santé, qui est le président de ce CA. Le conseil scientifique a été ‘'zappé'', il n'y a pas eu de DG nommé par décret mais cinq DG avec des prérogatives différentes, le budget de fonctionnement était dérisoire, et avec un prêt. Tout a été fait pour qu'elle ne marche pas''. Pour régler raisonnablement le problème du médicament en Algérie, ‘'il faut mettre en place cette agence, changer la loi (la régissant), et la faire adopter par le parlement'', affirme t-il encore, non sans préciser que le cas des ventes de médicaments périmés est régi par la loi.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yazid Alilat
Source : www.lequotidien-oran.com