Les violences nocturnes à Beyrouth, la capitale, et dans d'autres villes du pays font craindre le pire pour le pays, déjà dans une impasse historique à cause des blocages politiques.La capitale libanaise Beyrouth a connu une nouvelle nuit de violence après des affrontements entre les partisans du puissant mouvement chiite, le Hezbollah, et les manifestants pacifiques. Selon des médias locaux, ces nouvelles violences ont fait des dizaines de blessés dont certains grièvement. Tout a commencé, d'après la presse libanaise, en fin de soirée quand des militants du Hezbollah et de son allié Amal ont attaqué des camps de manifestants antigouvernementaux dans le centre de la capitale.
Arrivés en moto, ces derniers s'en sont d'abord pris aux manifestants pacifiques qu'ils accusent de mener une campagne de dénigrement contre leur communauté. Après l'intervention des services de sécurité qui ont tenté d'intercéder, les partisans du Hezbollah et d'Amal ont attaqué les forces de sécurité en leur jetant des pierres et des engins explosifs.
La police a répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes et les heurts se sont poursuivis tard dans la nuit, selon des témoins cités par la presse libanaise, précisant que ces heurts ont été provoqués par la diffusion sur les réseaux sociaux d'une ancienne vidéo dont le contenu a été jugé "offensant" par des membres de la communauté chiite. Ces violences ont fait au moins 23 blessés, tous hospitalisés, selon la défense civile qui n'a pas précisé toutefois s'il s'agissait de membres de forces de sécurité ou des manifestants chiites.
Quarante-trois autres personnes ont été soignées sur place, d'après la même source. Les mêmes scènes de violences ont eu lieu dans la ville de Saida (Sud), où des jeunes encagoulés ont attaqué dans la nuit des camps de manifestants, détruisant certains d'entre eux, également inoccupés, selon plusieurs médias sur place.
Ces violences interviennent après le report, à demain, des consultations parlementaires contraignantes pour la formation d'un nouveau gouvernement. Le Premier ministre démissionnaire, Saad Hariri, avait demandé lundi au président de la République, Michel Aoun, plus de temps pour mener les tractations avec la classe politique.
Un signe de plus, selon des observateurs, des divisions qui minent la classe politique, alors que la crise, au plan politique et économique, menace le pays d'effondrement. Lundi, le leader druze Walid Joumblatt a dénoncé une volonté "étudiée de saboter la révolution pacifique" après les violences de la veille.
Le mouvement de contestation réclame depuis deux mois le départ de l'ensemble de la classe politique actuelle, et la nomination d'un gouvernement composé uniquement de technocrates et de personnalités indépendantes. Il s'agit d'une remise en cause radicale d'un système communautaire complètement figé qui étouffe le pays depuis des décennies.
Karim Benamar
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim BENAMAR
Source : www.liberte-algerie.com