Saida - Revue de Presse

El msaghar



« La jeunesse a cela de beau qu?elle peut admirer sans comprendre», rappelle un jeune par cette citation de Anatole France. Attablé à une terrasse, entre deux cafés, il se tient la tête à se morfondre et surfe sur une vie virtuelle dont l?issue est incertaine.«Je ne travaille pas en dépit de ma licence, je n?ai pas de logement et songe au pire, ne voyant aucune lumière éclairer mon avenir obscur», se plaint-il entre deux bouffées d?un mégot qui, comme sa vie, se consume lentement. Ayant épuisé son droit au CPE, il s?use à chercher une voie lui permettant de s?accrocher à une occupation, «l?emploi étant devenu un vain mot», se lamente-t-il. Lorsque notre discussion prend une tournure optimiste, d?autres petits adultes viennent se joindre au groupe déjà compact dans cette grouillante avenue du quartier «La Marine». Car on est à Saïda. Un spectacle qui rappelle ceux de la défunte Tahtaha (placette) où s?activaient les meddahs (conteurs) et autres prestidigitateurs en quête de sensations et de douros. «Mais si à l?époque, les attroupements servaient au message noble, aujourd?hui ils cultivent les fléaux», dira l?un d?eux au bord de la déprime. «La jeunesse, qui se cherche, plonge tête basse dans l?aveu de la violence et le gouffre de l?interdit», ajoute-t-il à regret. «Ils occupent le moindre espace vidé par l?adulte, mais perdent leur temps à attendre des riens», continue-t-il. «Mais encore faudrait-il se secouer avant que ne vieillisse la jeunesse», espère-t-il.«L?exiguïté du logis et la malvie demeurent des maux dont la thérapie est simple, si on permet au jeune de se prendre en charge, au lieu d?être assisté. Il a besoin de comprendre et non d?admirer», conclut-il. L?assistance allait croître et submerger la terrasse suscitant une intervention qui faillit dégénérer, faute de n?avoir pas compris l?objet du rassemblement.
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