A Médéa, les travailleurs de l'unité antibiotiques sont en grève illimitée depuis déjà un mois, et la situation ne cesse de se dégrader de jour en jour.
Un tapage sans précédent émane ces jours-ci du groupe Saidal, suite à la convention signée avec les laboratoires Novo Nordisk pour la production des insulines. Le même groupe annonce «officiellement» qu'il va lancer trois nouvelles unités de production de médicaments génériques ainsi que la création d'un centre de recherche et de développement au pôle technologique de Sidi Abdellah. Mais les responsables de Saidal semblent préférer parler seulement de projets «futuristes» et de cérémonies officielles, sans souffler mot sur l'état actuel de ce groupe.
A Médéa, les travailleurs de l'unité antibiotiques sont en grève illimitée depuis déjà un mois, et la situation ne cesse de se dégrader de jour en jour. Des pertes énormes sont quotidiennement enregistrées. Pourtant, cela n'a pas poussé les responsables de Saidal à se rendre sur les lieux ou à répondre aux doléances de travailleurs exerçant dans le complexe de fabrication d'antibiotiques, le plus important à l'échelle arabe et africaine (31 hectares). Ainsi, le complexe Antibiocal de Médéa est plongé dans la tourmente depuis le déclenchement de la grève illimitée des travailleurs le 27 mars dernier.
La situation s'est détériorée du fait que les deux parties en conflit (travailleurs et direction générale) campent sur leurs positions. L'arrêt de la machine de production des médicaments depuis un mois a mis cette importante usine, qui couvre un besoin assez conséquent en produits pharmaceutiques du pays, à genoux. Quelques tentatives entamées timidement pour désamorcer la crise n'ont pas abouti à un dialogue convaincant et responsable qui peut garantir l'amélioration des salaires des grévistes en tenant compte de la plateforme de revendications.
Dans un rapport établi par les travailleurs d'Antibiocal adressé au wali de Médéa et au P-DG du groupe Saidal, les mécontents parlent de marginalisation des compétences, de politique du harcèlement, de menaces et de bureaucratie pratiquées par l'administration.
De même, 88% des travailleurs exigent le départ de l'actuel P-DG d'Antibiocal et son adjoint. Ces deux responsables évitent de communiquer avec la presse. Aussi, l'attitude de la direction générale du groupe Saidal, en se mettant à l'écart de ce conflit social, n'a fait que pousser les choses au pourrissement, car les travailleurs exaspérés se sentent livrés à eux-mêmes, en étant face à une anarchie aux relents dangereux pour le devenir de l'usine qui fait nourrir plus de mille familles.
Des travailleurs retraités de la boîte, voulant apaiser les esprits et servir d'intermédiaires, nous avouent qu'ils éprouvent beaucoup de difficultés à maîtriser et à calmer la situation. Ils craignent que cette dernière ne dégénère vers une escalade si on continue encore à sous-estimer et mépriser l'élément humain de l'usine qui est le travailleur.
Nos interlocuteurs lancent un appel pressant pour que le P-DG du groupe Saidal intervienne personnellement pour répondre aux doléances des grévistes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Benzerga
Source : www.elwatan.com