Cheikha Zalamite, le cri du Blues
Parmi les cheikhates les plus percutantes du répertoire country-music, une véritable diva reste toujours dans le verbe «Soul», une Billy Holliday. Il s’agit de Ben Saïda connu sous la truculente appellation «Cheikha Zalamite».
Son répertoire repose sur les dérives de l’existence où sont jetées le plus souvent nos femmes à la cruauté des rues, à la merci de tous les malfrats sans vergogne ou des dons juans sans cœur entre les méandres des corniches maritimes et les sinueuses ruelles miséreuses et nauséabondes des bas quartiers. C’est cela l’univers de «Cheikha Zalamite», une reprouvée qu’il faut écouter ne serait-ce que pour comprendre la blessure des cœurs, la misère de l’esprit et du corps. Dans son album «ana nharasse ouanta tkhalasse (Je casse et toi tu payes)», une sorte de tremolo, de crescendo campagnard, périphérique où la voix semble à la fois «harcha» et «tendre». Quelque fois retenant des larmes de mauvais souvenir haï par des mordus de Jazz de chez nous qui préfèrent mépriser ce genre de chez nous, utilisant un mauvais anglais au lieu d’apprécier le cri d’une douleur. Certes, cette artiste marginalisée a dit une vérité de cœur, écoutons le plus tragique de ses confessions sur une K7 concurrencée par les CD arrogants. Ecoutons surtout «Rani M’damer», carnet d’une femme dans le tourbillon des mauvais jours. Ceci est une évocation de la douleur.
Ahmed Mehaoudi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com