Saida - A la une

Ces "femmes courage" qui ont choisi le sacrifice pour libérer la patrie



Elles sont le symbole du courage et de la bravoure. Elles ont assuré gîte et nourriture aux combattants de la liberté, servi d'agents de liaison et de renseignement, d'infirmières, de convoyeuses d'armes et, pour certaines d'entre elles, des combattantes à la pointe du combat.
Pour nombreuses d'entre elles, se sont des chahidate, tombées au champ d'honneur à la fleur de l'âge, dans les maquis de la wilaya IV historique ou exécutées froidement par l'armée d'occupation. Ces femmes martyres ont écrit, chacune à sa manière, l'une des plus belles pages de la résistance de la femme algérienne contre le joug colonial.
Ali Moussa, Sahnoune, Benyekhlef et Benrouissi, sont quelques-unes de ces femmes courages qui ont choisi de mourir en martyres, plutôt que de continuer à subir l'humiliation de l'occupation.
Native de la commune de Harbil, à l'ouest de Médéa, la chahida Fatma Zohra Ali Moussa fut parmi celles à qui le commandement de l'ALN de cette zone avait confié la délicate et périlleuse mission de la collecte des renseignements pour le compte de la révolution.
Parallèlement à cette mission, Ali Moussa s'occupait, avec d'autres femmes, de la collecte des contributions à la Révolution, communément appelé "ichtirak", pour le financement de la lutte armée de libération nationale. Elle tomba au champ d'honneur, les armes à la main, début mai 1961, lors d'un accrochage entre les troupes de l'Armée de libération nationale (ALN) et l'armée coloniale, dans les maquis du sud-ouest de Médéa.
Les s'urs Sahnoun font partie, aussi, de cette génération de femmes intrépides que rien ne pouvait ébranler leur fois en leur idéal pour la liberté. Originaires de la localité de Ouamri, agglomération très proche de celle où naquit la chahida Ali Moussa, les s'urs sahnoun, Farida, l'aînée, et Fadhéla, sa cadette, rejoignirent les rangs de l'ALN à un âge très précoce. Farida, de son nom de guerre Nacéra, dont le frère Abderahmane était membre du "Commando Si Zoubir", une unité d'élite de l'ALN, opérant à travers la zone II de la wilaya IV, rallia la Révolution à l'âge de 15 ans.
Elle faisait partie d'un groupe d'infirmières en poste dans les maquis de l'Ouarsenis. Elle mourut, le 27e jour du ramadhan de l'année 1959, dans un accrochage qui a eu lieu à Ouled Bouachraa, à l'âge de 17 ans.
Sa mort interviendra, presque au même moment que celle de son frère Abderrahmane, tombé au champ d'honneur, dans un accrochage à Mfatha, sud de Médéa, entre des éléments du "Commando Si Zoubir" et des troupes françaises. Sa s'ur Fadhéla, qui avait rejoint le maquis à l'âge de 13 ans, fut affectée dans les environs de Saida, dans l'ouest du pays, où elle exerça comme infirmière, jusqu'à l'indépendance. Fadhéla décèdera, peu de temps après, de mort naturelle.
Deux autres chahidate, au parcours distinct, vont connaître un même destin, un jour de novembre de l'année 1961. Elles avaient toutes les deux pour prénom Khadidja, l'une tomba sous les balles assassines de la machine de répression coloniale, à l'âge de 16 ans, l'autre, mourut également dans les mêmes circonstances, alors qu'elle venait juste de boucler ses vingt ans.
Il s'agit en l'occurrence des jeunes martyres Khadidja Benyekhlef et Khadidja Benrouissi qui furent abattues, de sang-froid, lors de la répression de la manifestation organisée, le 3 novembre 1961, à Médéa, à l'occasion du 7e anniversaire du déclenchement de la Révolution.
Les deux martyres faisaient partie des manifestants pour la liberté qui sont sortis dans la rue clamer leur soutien à la Révolution et demander le départ de l'occupant. Plusieurs manifestants furent tués, ce jour-là, dont ces deux jeunes femmes, qui avaient milité dans l'ombre pendant des années, avant d'être rattrapé par le destin.
Peu avant que leurs destins ne se croisent, en ce jour fatidique du 03 novembre, Benyekhlef et Benrouissi avaient été désignées par l'ALN pour la collecte de "l'ichtirak" auprès des citoyens, outre la mission d'assurer la logistique nécessaire aux combattants en transit par la ville de Médéa.
Elles faisaient partie également d'un réseau de renseignement chargé de surveiller les mouvements et les agissements des militaires français et leurs supplétifs, à l'intérieur de la ville et ses environs immédiats.
Khadidja Benrouissi était plus aguerrie, vu son âge et l'expérience acquise auprès de sa famille. Le domicile familial, situé au quartier "Remali", sur les hauteurs de Médéa, avait servi, jusqu'à 1958, de refuge et de lieu de rencontre pour les chefs militaires de la région.
Ce lieu de rendez-vous fut découvert par l'armée coloniale qui le dynamita et contraint la famille Benyekhlef à trouver refuge ailleurs. Khadidja tenta à plusieurs reprises de rallier les maquis de l'ALN, après ce triste évènement, mais sans succès.
Khadidja Benyekhlef qui souhaitait aussi rejoindre le maquis, fut dissuadée par sa hiérarchie qui pensait que sa présence en ville était plus importante que d'être au maquis.
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