On ne vous pas du tout lu ou entendu après ce que l'USMA a subi à Saïda. Vous y étiez pourtant.
Bien sûr que j'y étais et sur le devant de la scène. J'ai préféré laisser les autres s'exprimer, ceux qui ont été meurtris surtout puisque moi je m'en suis sorti à bon compte sans dommages corporels. Je n'allais tout de même pas me mettre en vedette dans un évènement pareil.
Un évènement qui va certainement vous marquer.
Ah ça vous pouvez le dire. Cela fait 30 ans que je suis dans le football soit comme joueur, soit comme entraîneur. Je peux vous assurer que jamais de ma vie je n'ai assisté à pareil déferlement de haine et d'agressivité. Quand les témoins racontent qu'ils ont vu la mort venir, ils n'exagèrent pas.
Vous êtes, pourtant, habitué à subir provocations et agressions dans un match de football.
Ecoutez depuis que je suis dans ce sport ce que j'ai vécu est plein de scènes horribles. J'ai été agressé, on m'a craché dessus, on m'a frappé, que de fois notre bus a été caillassé, que de fois nous sommes restés jusqu'à une heure très avancée de la nuit dans notre vestiaire à l'abri de la fureur des supporters du camp adverse. Tout cela n'est rien par rapport à ce que l'USMA a subi à Saïda.
Ce que j'ai vu là-bas je ne l'avais jamais vu auparavant. C'était tout simplement de la chasse à l'homme pour faire le plus de mal possible.
Comment se fait-il que vous-vous en êtes tiré sans grands dommages '
Ne croyez pas que je me suis caché ou que je n'étais pas sur le bord du terrain pendant le match. Il se trouve que j'avais senti que quelque chose se tramait. Nous avions prévenu les joueurs à la mi-temps pour leur dire que dès que l'arbitre siffle la fin du match, ils devaient rejoindre l'arbitre au centre du terrain et se mettre sous la protection de la police.
Mais une fois le match fini, alors que nous étions au centre du terrain, nous avons remarqué que les policiers munis de boucliers, donc censés nous assurer aide et protection, ne bougeaient pas. Ils étaient plantés comme des piquets devant le tunnel d'accès au vestiaire. Nous avons bien essayé de nous diriger vers ce tunnel mais c'est de lui qu'affluaient le plus d'agresseurs en furie.
Vous me demandez comment je me suis débrouillé ' Tout simplement grâce à mon expérience de telles situations. Il était évident que des agresseurs de ce genre allaient chercher en premier des têtes connues comme la mienne. On a cherché à m'agresser mais j'ai su éviter les coups. J'en ai reçu et j'en ai donné de mon côté. Au prix de mille et une esquives j'ai réussi à m'en sortir sans grands dommages corporels.
Que vous inspirent les sanctions prononcées par la LFP contre le MCS '
Elles sont insuffisantes. Ce n'est pas avec de tels procédés qu'on va arrêter la violence dans nos stades. Je pense qu'il aurait fallu être plus sévère prendre des décisions radicales, des décisions qui marquent les esprits. Vous savez combien de fois le huis clos a été prononcé contre des clubs ' Est-ce que cela a stoppé l'hémorragie '
L'USMA va reprendre la compétition. Pensez-vous qu'elle est capable d'atteindre les objectifs qui lui sont tracés '
Pour l'instant il s'agit de penser aux blessés car il y en a un paquet. Ceci dit, la vie continue et on est bien forcé de jouer. Nous allons le faire pour continuer à nous battre pour le titre de champion ou à défaut une place sur le podium. Nous le ferons pour nos blessés, pour nos supporters et pour nos dirigeants.
Interview réalisée
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Achour
Source : www.letempsdz.com