L'université Abderrahmane Mira de Béjaïa a fêté ses trente années d'existence lundi 30 juin au campus de Targa Ouzemour.Une modeste cérémonie a été organisée en l'honneur des meilleurs étudiants et en hommage à tous ceux qui ont contribué au développement de cette université. «L'université de Béjaïa est désormais une référence nationale et notre ambition est d'en faire une référence internationale», s'est exclamé le Pr. Saidani, recteur de l'université. Lancée en 1983, avec 205 étudiants, l'université de Béjaïa a fait du chemin depuis. Le recteur exhibe fièrement le bilan des réalisations. Plus de 41 000 étudiants et 1300 enseignants répartis sur dix facultés, 16 laboratoires de recherche et une soixantaine de partenariats signés avec autant d'universités étrangères.
Pourtant, ce bilan positif est loin de faire l'unanimité. Classée à la 9ème place au niveau national et invisible dans le classement mondial, l'université de Béjaïa a du mal à avancer selon certains enseignants qui évoquent trois principales raisons : la bureaucratie, une gestion archaïque et l'absence de vision. De l'avis des étudiants et membres de clubs scientifiques, c'est l'encadrement, le manque de place pédagogiques et d'accès aux ouvrages d'enseignement qui font défaut. «Il est impératif que l'université se penche sérieusement sur ces préoccupations pour avancer», a plaidé un jeune major de promotion fraîchement revenu d'un séjour à l'étranger grâce à une bourse d'études.
Le programme des bourses à l'étranger et les différents partenariats d'échanges signés avec de grandes universités étrangères a contribué, cependant, à faire émerger une élite d'étudiants de Béjaïa composée de «majors de promos» qui côtoient d'autres futurs cadres dans les universités du monde. Le Dr. Aissa Merah, enseignant à la faculté des Sciences Sociales d'Aboudaou, dira à cet effet que les étudiants de l'université de Béjaïa continuent à se distinguer à l'étranger et cela ne peut qu'ajouter des points au pole universitaire Abderrahmane Mira. Son collègue, le Dr. Othmlani Settar, qui a organisé avec succès le colloque sur l'histoire de Béjaïa en novembre dernier, est tout aussi optimiste.
Avec son équipe, il attend le feu vert du ministère pour le lancement du département d'Histoire. «Cette année une vingtaine de départements d'histoire sont ouverts en Algérie. Nous espérons que ce sera aussi notre tour», a-t-il souhaité. Concernant la rentrée universitaire prochaine, elle risque d'être difficile, encore une fois, à cause du retard accusé dans la réalisation des infrastructures universitaires.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farid Ikken
Source : www.elwatan.com