Relizane - Revue de Presse

Une journée dans un centre de correction du baccalauréat



Les corrections des copies des candidats du baccalauréat session 2007, qui ont débuté samedi et se poursuivront jusqu'au 28 juin prochain, ont été ouvertes aux médias pour la première fois dans l'histoire du pays.  Le Quotidien d'Oran s'est rendu, hier, dans le centre de correction du lycée Lotfi, où se déroule la correction des copies des candidats des wilayas de Mostaganem et Relizane.  Celles de la wilaya d'Oran sont corrigées à Tlemcen, alors que les copies de cette dernière wilaya ont été transférées à Mostaganem pour une meilleure crédibilité.  Les premières impressions après les corrections des copies restent mitigées d'un jury à un autre et d'une matière à une autre. La première «bourde» de cette session a été signalée dans le sujet de physique de la filière de sciences, où les correcteurs ont remarqué une «erreur scientifique» dans l'exercice n°2 de physique optique, qui a une note de 3,5 sur 20. Une correspondance a été déjà adressée au ministère de l'Education nationale. Mais, selon le président du jury, cette «erreur» ne peut se répercuter sur les résultats, puisqu'elle est difficilement détectée par les candidats. Néanmoins, cette «erreur» a été prise en considération dans la correction pour ne pas pénaliser les candidats. Abordant les premières impressions, les résultats de cette matière sont généralement au-dessus de la moyenne, confie notre interlocuteur.  Pour l'épreuve de la langue arabe qui a fait couler durant trois heures des sueurs froides aux candidats, les résultats semblent acceptables, contrairement à ceux de la langue française. En effet, selon les correcteurs, le sujet de la langue française de cette session était facile, mais les premiers résultats sont en dessous de la moyenne en raison du faible niveau des candidats, notamment ceux des filières électrotechniques.  Pour la filières d'économie et comptabilité, les premiers résultats sont satisfaisants et la moitié des notes sont au-dessus de la moyenne. «On a même eu des notes de 20/20 en comptabilité», se félicite le président du jury des matières technique et technologie.  Concernant le quotidien des correcteurs, la journée commence à 7 h du matin et ne s'achève pour certains jurys, notamment des sciences naturelles, que vers 17 h.  Après le petit déjeuner, les 601 correcteurs de ce centre entament la correction des copies à 7h30 du matin, pour ne suspendre leur travail que trois heures plus tard pour une pause-café d'une demi-heure.  A 11 h, les enseignants reprennent la correction jusqu'à 14 h, puis s'arrêtent pour déjeuner. Pour les correcteurs des filières de lettres et sciences humaines, lettres et sciences islamiques, lettres et langues étrangères, la journée s'achève à 14 h, alors que pour leurs collègues des sciences exactes et des sciences de la nature et vie, la journée s'étale jusqu'à 17 h. Le prolongement des heures de travail de ces filières est justifié par le fait que les correcteurs ont besoin de plus de temps pour corriger les copies, contrairement à leurs collègues des filières lettres. Un enseignant d'arabe ou de français, à titre d'exemple, peut corriger 80 copies des filières lettres et sciences humaines par jour, alors que son collègue ne peut dépasser une moyenne de 40 copies/jour pour les matières de maths, sciences, physique ou philosophie. La phase de correction de cette session a démarré le 10 juin, deuxième journée des épreuves du bac.  Les copies des candidats sont envoyées systématiquement après chaque épreuve vers les centres de correction pour le codage des numéros d'inscription. «Il est impossible de commettre une fraude, puisque toutes les copies sont codées dès leur entrée au centre de correction.  Et même les numéros des jurys sont codés à l'intérieur du centre pour plus de précaution», assure M. Saber Abdelkader, chef de centre de correction du lycée Lotfi. A une question sur la fréquence d'erreurs dans le codage des copies, notre interlocuteur affirme: «Ces erreurs sont très rares, mais cette année, on n'a presque pas eu d'erreurs dans le codage des copies». Des propos confirmés par le chef d'atelier de correction des anomalies de codage, qui a assuré que les erreurs ne dépassent guère les 2 à 3%, mais elles sont rapidement repérées et corrigés dès la première correction des copies.  Jeudi 14 juin, les centres d'examen ont reçu les présidents des jurys de correction de chaque matière qui devaient corriger des échantillons de copies et étudier le barème officiel. Vendredi, les correcteurs sont arrivés pour entamer une première correction des copies. Le centre du lycée Lotfi a reçu, cette année, 380.000 copies réparties sur les quinze filières de l'enseignement général et technique de 19.543 candidats des wilayas de Relizane et de Mostaganem. Les 3/4 des candidats sont scolarisés et ont été répartis sur 87 commissions de correction. Les copies reçoivent une première correction, avant de passer par une deuxième correction effectuée par d'autres enseignants correcteurs.  Au cas où la différence entre les deux notes des deux premières corrections est de 25%, une troisième correction s'impose de facto.  La moyenne des deux meilleures notes des trois corrections sera prise comme note afin de ne pas pénaliser le candidat. Le correcteur qui a commis plusieurs fautes sera sanctionné et renvoyé le jour même du centre, puis sera mis sur «la liste noire» qui ne lui permettra plus jamais de participer à la correction du bac. Les correcteurs sont payés 33 dinars la copie, en plus d'une prime quotidienne de 180 dinars, signale-t-on.
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