
Pour Ali, Walid, Kamel, Ahmed et bien d'autres, la rupture de scolarité en cette période des grandes chaleurs est synonyme d'oisiveté et de nonchalance.Issu d'un milieu rural, Ahmed, fils d'un journalier, s'est converti en vendeur de figues de Barbarie sur les accotements de la RN23 reliant Relizane à Tiaret.En dépit de la canicule qui sévit ces derniers jours dans la région, le petit, au corps frêle, se refugie chaque jour que Dieu fait sous l'ombrage d'un arbre et propose le produit qu'il a cueilli tôt le matin en compagnie de sa s?ur. Faisant fi des dangers qui le guettent à longueur de journée, Ahmed exprime une satisfaction mitigée.«J'aurais aimé profiter comme certains de la clémence de l'atmosphère sur la côte, mais par manque de moyens j'exerce cette activité pour, d'une part, meubler mon temps, et, d'autre part, ramasser un peu d'argent pour assurer les trousseaux de la rentrée scolaire pour moi et mes frères», a-t-il amèrement souligné en ajoutant : «On est quatre garçons dans la famille à être scolarisés, mon père n'arrive pas à subvenir à nos besoins.» Pour lui, les vacances, il ne les vit que dans son imaginaire.«Quand je retrouve mon école et quand mes camarades me racontent les belles aventures qu'ils ont vécues au niveau des stations balnéaires ou des camps touristiques, j'ai envie de pleurer, surtout quand certains s'évertuent à raconter leur séjour à l'étranger», soupire Ahmed, les yeux enflés.«Je manque énormément de moyens dans ma vie, mais je suis décidé à me sacrifier pour réussir afin de soustraire ma famille de cette malvie», a affirmé Ahmed, 12 ans. Walid est un citadin d'à peine 10 ans. Pour lui, les vacances n'ont rien changé à son quotidien, sauf qu'il ne porte plus le tablier.Il est l'aîné de deux s?urs qu'a laissées le père à une veuve au foyer. «Depuis le décès de notre père, notre vie a été chamboulée. Ma mère n'hésite pas des fois à mendier pour nous nourrir», a-t-il sèchement lancé en ajoutant : «Comme tout enfant, j'aime bien me distraire et jouir des éventuelles distractions, mais je ne peux me permettre ça.Au contraire, je profite de l'arrêt des cours pour venir en aide à ma mère».Walid vend des sachets en plastique au niveau du marché des fruits et légumes de Graba.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Issac B
Source : www.elwatan.com