Relizane - Revue de Presse

Plus de 3.000 morts sur les routes en 11 mois Plaidoyer pour un durcissement de la loi



La route a tué durant les 11 premiers mois de l'année écoulée, 3.118 personnes et blessé 38.282 autres, selon des chiffres fournis par la Gendarmerie nationale. Une véritable hécatombe qui devrait inciter les pouvoirs publics à revoir toute leur stratégie préventive globale. En dépit de l'application de mesures dissuasives, dans le cadre du nouveau code de la route, le nombre d'accidents de la route explose carrément cette année, coûtant ainsi la vie à des milliers de personnes et infligeant des handicaps permanents à des milliers d'autres, déplorent des spécialistes de la sécurité et la prévention routières. En 2006 déjà, 3.129 personnes ont été tuées et 38.162 autres blessées dans 22.379 accidents survenus durant les onze premiers mois de l'année, à l'échelle nationale, rappelle le même bilan. On évoque souvent le mauvais état de certaines routes, le manque d'éclairage et de signalisation pour expliquer la recrudescence de ce phénomène. Mais tous les experts convergent sur le fait que le facteur humain reste la première cause de ces accidents. Dans ce contexte, l'adjoint du chef de la cellule de communication au commandement de la Gendarmerie nationale, le commandant Abdelhamid Kerroud, cité par l'APS, a affirmé que le facteur humain reste à l'origine de la majorité de ces accidents, comme en témoignent les cas d'excès de vitesse (5.003 cas), les dépassements dangereux (2.660 cas), la négligence des piétons (2.514 cas) et le non-respect de l'intervalle (1.449 cas). Un avis que partage le directeur général du Centre national de prévention et de sécurité routière (CNPSR), le commissaire divisionnaire El-Hachemi Boutalbi, en se basant sur les différentes enquêtes traitant de ce phénomène qui ont démontré, a-t-il dit, que le conducteur est, dans 90% des cas, responsable de la survenue des accidents de la circulation. D'où l'importance, a-t-il insisté, de centrer toute stratégie préventive globale autour du facteur humain. Ce constat a amené le CNPSR à porter un regard critique sur le système de formation et d'apprentissage de la conduite au niveau des auto-écoles, en faisant appel à un laboratoire d'ergonomie pour l'élaboration d'une étude couvrant l'ensemble du territoire national. Une étude qui a révélé «des insuffisances considérables dans le système de formation», a indiqué M. Boutalbi. Il s'agit, essentiellement, a-t-il dit, «des conditions de santé, du programme de formation et d'apprentissage, des moyens y afférents, des plages horaires, du phénomène des permis assurés et des conditions de déroulement des épreuves de conduite». M. Boutalbi a affirmé, d'autre part, que la majorité des auto-écoles ne sont pas dotées d'équipements technologiques modernes, à l'instar de l'informatisation des cours du code de la route qui sont dispensés, d'ailleurs, par des personnes non qualifiées, a-t-il estimé, ajoutant que le nombre de véhicules utilisés est insuffisant pour garantir un apprentissage dans les meilleures conditions possibles. Pour le colonel Halab, les moyens actuels de prévention contre l'insécurité routière restent «insuffisants s'ils ne sont pas soutenus par des lois qui punissent sévèrement les auteurs des accidents une fois leur responsabilité déterminée». Il a annoncé, à cet effet, que la Gendarmerie nationale vient de se doter d'un logiciel informatique de reconstitution des accidents de la route permettant de reproduire les faits afin de déterminer les responsabilités et les causes réelles de l'accident. Une demande a été introduite auprès de la justice pour homologuer cet outil informatique visant aussi à «fournir la preuve scientifique pour incriminer les conducteurs ayant causé la mort ou la blessure d'autrui», a-t-il ajouté. Ce logiciel informatique qui s'inscrit dans le cadre de la création d'un département examen véhicule au sein de l'»Institut national de criminalistique et de criminologie de la Gendarmerie nationale» (INCC/GN), sera utilisé, à titre pilote, dans la reconstitution des accidents de la route survenus dans la wilaya d'Alger avant d'être généralisé à l'échelle nationale. Des systèmes similaires ont prouvé leur efficacité dans la prévention contre l'insécurité routière au Canada et en Grande-Bretagne, affirme le colonel Halab. La fin de l'année 2007 a parfaitement illustré cette recrudescence avec des accidents particulièrement meurtriers. Au cours de la troisième semaine du mois décembre, 72 personnes ont trouvé la mort et 904 autres ont été blessées dans 454 accidents de la route. A Oued R'hiou, dans la wilaya de Relizane, huit personnes sont mortes et une autre grièvement blessée dans un accident de la route survenu le 29 décembre. Ce drame s'est produit sur le tronçon de la RN 04, quand un véhicule poids lourd a percuté de plein fouet un taxi. En cette même journée du 29 décembre, six personnes ont péri et une autre a été grièvement blessée dans un accident de la circulation survenu dans la wilaya de Biskra. Le sinistre s'est produit sur la RN 46, lorsque trois véhicules sont entrés en collision. Le 27 décembre, sept personnes sont mortes et 15 autres blessées suite à un accident survenu sur la route reliant Messâad (Djelfa) à Touggourt. L'accident s'est produit entre un camion poids lourd et un autocar.
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