Relizane - Revue de Presse

Pas de relève pour le tapis



Le village d?Aït Hichem, distant de 3 km de la daïra de Aïn El Hammam, est connu pour la bonne qualité de sa tapisserie qui ne suscite malheureusement plus d?engouement chez les visiteurs, ces dernières années. Les rares personnes encore interessées par les produits de l?artisanat traditionnel repartent souvent sans rien acheter à cause de la cherté des produits proposés par les artisans. Cela est la conséquence de l?augmentation des prix de la laine qui ont triplé en l?espace de trois ans, passant de 160 à 560 DA le kilo. Le tapis qui se vendait auparavant à 7000 DA est cédé aujourd?hui à plus de 16 000 DA. La fermeture des unités publiques de production dans les wilayas de Mostaganem et de Relizane, ainsi que celle de Aïn Beïda a contribué à cette flambée des prix et à la rareté de cette matière, nous explique un tapissier. A Aït Hichem, il n?existe aujourd?hui qu?un seul atelier de fabrication de tapis qui dispense aussi la formation pratique pour une vingtaine de stagiaires venus du centre de formation professionnelle de Aïn El Hammam. La conception du tapis qui se faisait, il y a quelques années, dans tout le village ne subsiste que dans de rares foyers qui le produisent sur commande. Les anciens artisans éprouvent d?énormes difficultés à trouver la relève. « La nouvelle génération de filles est orientée vers les autres métiers tels que la coiffure et l?informatique », explique Djazira, une femme artisan de 68 ans. D?un ton nostalgique, cette dame nous déclare qu?elle a effectué sa formation dans la tapisserie entre 1962 et 1965 à l?école de formation artisanale du village. L?établissement en question qui a vu, en effet, défiler des générations de stagiaires issues d?Aït Hichem et des villages limitrophes est affecté en 1989 à la formation professionnelle. L?état de dégradation avancée dans lequel se trouve la bâtisse qui date de l?époque coloniale suffit pour se faire une idée de la dévalorisation d?un métier traditionnel et du désengagement des collectivités locales vis-à-vis d?un pan entier de la culture locale. Les mauvaises conditions de travail dans cette école, rattachée au centre de formation professionnelle de Boukhalfa à Tizi Ouzou, ont ainsi découragé les nombreuses stagiaires qui abandonnent au milieu de leur formation. Sur les 25 places proposées par l?école, 11 seulement sont occupées par des apprenties, inscrites cette année pour une durée de 18 mois. L?on apprend que la plupart sont issues de familles démunies et n?ont pas un niveau scolaire élevé qui leur permet le choix d?autres formations.
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