
Fin de saison en queue de poisson. Cela se passe évidemment en Algérie où la fin de saison des compétitions sportives, le football en particulier, ressemble souvent à des guerres d'extermination.Mercredi passé à Relizane, puis samedi à El-Harrach, le football algérien a encore touché le fond. Et si mort d'hommes a été évitée, en cette première moitié du mois de piété, il faudrait plutôt croire'au miracle et remercier le Ciel. Le degré de violence atteint lors des rencontres disputées à Relizane (RCR-MCA) et El-Harrach (USMH-RCR) renseigne, surtout, sur la folle passion qui entoure la pratique du football. Un sport qualifié d'opium des peuples que les politiques squattent et que la corruption gangrène. Chaque week-end, des explications sportives tournent au drame. Pratiquement tous les stades d'Algérie sont frappés par la bête immonde.D'Est en Ouest, du Nord au Sud, les journées de championnat à quelque palier que soit, virent à la violence. Et cette saison 2016-2017 que les instances du football ont voulu faire celle du fair-play n'échappe pas au diktat des violeurs de l'espoir d'une pratique sportive saine et digne de respect. «Tous responsables», titrions-nous à chaque passage de vandales. A longueur de colonnes, sur les plateaux de télévision, durant les réunions officielles, le débat dénonciateur accable les fouteurs de pagaille. A l'heure de vérité, tout le monde trouve le moyen de justifier de tels actes barbares. Lors de cet exercice particulièrement qui a vu le retour du service d'ordre dans les stades après une éclipse de quelques étapes de championnat entachées par des violences inouà'es, le mièvre spectacle sur les terrains a été agrémenté par des batailles rangées aussi bien sur le rectangle vert que dans les tribunes, et en dehors. Nos enceintes sportives, incontrèlables sur le plan sécuritaire, deviendront un bazar pour la commercialisation de toutes les drogues. Le huis clos, décision inique ronronnée par la commission de discipline de la ligue de football professionnel, n'a jamais été aussi inopérant, inefficace. Pour la simple phase «aller», la LFP de Mahfoud Kerbadj a reconnu que le nombre de matchs frappés par cette sanction a doublé, comparativement à la saison 2015-2016. Selon le bilan du Conseil d'administration de la LFP «Le rapport signale que pour cette saison, la Ligue 1 a été frappée de 16 sanctions de huis clos, soit 8 de plus par rapport à la phase aller de la saison passée. Pour la même période, la Ligue 2 a connu 13 sanctions de huis clos, soit 7 de plus».Halte aux combinards !Et dire que la première tranche d'une saison sportive n'est pas forcément significative en termes de résultats finaux. A savoir que des équipes qui ont mal démarré leur championnat ne sont pas automatiquement condamnées au purgatoire. A l'exception du RCR qui s'est vu défalqué six points en début de saison à cause de litiges avec d'anciens joueurs, ou encore le MOB écrasé par le poids des dettes, l'instabilité de sa direction et de son staff ainsi que le marathon imposé par la LFP, les malclassés de la phase «aller» de la Ligue 1 ont disparu de la zone rouge avant l'amorce de la dernière ligne droite du championnat. Et d'autres, comme le CAB ont «plongé» par la grâce de combines que tout le monde dénonce, mais que personne n'ose sanctionner.Idem pour le haut du tableau où des clubs comme le MCO ou l'O. Médéa ont tangué durant la première étape du championnat avant de se retrouver dans un inextricable bourbier à l'heure des bilans. La «recette» à ce renversement est un classique, une œuvre conçue par et pour les Algériens. Des «remontadas» le football algérien en a connues plusieurs, lors de l'exercice lancé le 19 août de l'année dernière. Surtout en cette fin de saison où des équipes menées par deux voire trois buts d'écart parviennent à se «redresser» pour assurer au moins le nul à défaut d'un succès promis. Que dire alors de ces scores fleuves qui sanctionnent les ultimes étapes de la saison. Lors de la 28e levée de la L1, les attaques ont craché le feu (29 buts). Un record du genre, la Ligue 1 Mobilis ayant atteint la barre des 20 buts à cinq reprises en 29 journées. Un «excédent» trahi par la moyenne de buts par match : en 232 rencontres jouées, 469 buts ont été inscrits soit une moyenne de 1,41/match. Un des faibles ratios au monde faut-il en convenir. La montée de fièvre de nos attaquants trouve, du coup, d'autres explications que la seule équation du goal-average n'explique pas.La loi de l'omertaLes «normes locales» étant exponentielles à toutes les mesures mathématiques en vigueur, les décideurs devraient avouer leur complicité, sinon admettre qu'ils ne sont pas capables de gérer ce genre de manifestations, le football étant fondamentalement une fête partagée par les vainqueurs et les vaincus.Ce qui s'est produit à Relizane puis à El-Harrach, n'est donc que l'aboutissement d'un «accord» d'association de malfaiteurs. L'inanité de ceux en charge d'appliquer les règles qu'ils avaient conçues, interpelle les consciences, mais doit aussi, aujourd'hui, avant qu'il ne soit trop tard, interpeller les décideurs. Ce n'est pas normal que la délinquance sportive soit tolérée voire entretenue au moment où d'autres fléaux de moindre dangerosité, qui paradoxalement bénéficient d'un arsenal juridique plutôt léger comparativement à celui en cours pour la lutte contre les violences dans les stades, font l'objet d'une plus grande attention, de châtiments autrement plus sévères.La prévarication des «pouvoirs» sportifs, politiques et du personnel en charge des affaires publiques est la pire des formes de violence. L'histoire retiendra que ces dirigeants ont failli à leurs devoirs. Envers le sport, vecteur de rassemblement, et envers la jeunesse.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.lesoirdalgerie.com