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L'équipe de Relizane



L'équipe de Relizane
Depuis 2010, les filles de Relizane ont raflé les dix titres mis en jeu. Samedi dernier, leur club, Affak Relizane, a conforté sa position de leader avec un dernier succès acquis à Hydra devant l'AS Sûreté nationale (2-1).Le club est également qualifié en Coupe d'Algérie. L'histoire de cette équipe commence en 1995. A l'époque, les collégiennes qu'étaient Cherifa Benkhedda, Malika Benalou, Houria Sadek, Fatma Zohra Baghdadi, Rym Khodja et Wassila Gasmi sollicitent l'entraîneur de l'équipe seniors du RC Relizane, Sid Ahmed Mouaz ? le seul à avoir décroché une Coupe d'Algérie avec les cadets, en 1993 ? pour les entraîner.L'équipe féminine se forme en 1996, en pleine décennie noire, alors même que les disciplines du volley-ball et le handball féminin étaient dissoutes. Les joueuses s'entraînent régulièrement en salle et livrent des matches amicaux face aux garçons de différentes catégories. Ce qui est perçu à l'époque comme un véritable défi dans une région marquée par des massacres sanglants. «En 1997, on a intégré l'équipe féminine au sein de l'association Affak de Relizane. Grâce à la formation et la multiplication des matchs, notre équipe a réussi à se hisser à la première finale de la Coupe d'Algérie, en 2001, avec des filles dont l'âge tournait autour de 16 ans.On s'était inclinées devant la formation d'Alger-Centre sur le score de 2 buts à 0. Nous avons perdu deux autres finales de Coupe d'Algérie. Mais notre véritable départ, on l'a pris en 2009 avec l'instauration du premier championnat national», raconte le coach de l'équipe. Après avoir perdu le titre de 2009 au goal-average au profit d'Alger-Centre, Affak Relizane fait depuis cavalier seul et a remporté cinq doublés de suite. «Nous avons été invaincus pendant 100 matches.Notre dernier revers remonte à la fin de l'année 2014 face à la formation d'Alger-Centre (1-2)», précise Sid Ahmed Mouaz. «Malgré la présence de jeunes joueuses au sein de notre équipe, grâce aux éléments expérimentés qui évoluent en équipe nationale, on a réussi à faire évoluer les autres. Nos bons résultats, nous les réalisons grâce aux joueuses, aux responsables du club et surtout le coach Sid Ahmed Mouaz», insiste l'une des meilleurs éléments de la sélection nationale, Naïma Bouhenni. Une autre joueuse, Faïza Mesouar, ajoute : «On ne pense pas à l'argent autant qu'on pense à la victoire. Les joueuses qui intègrent l'équipe s'adaptent à cet état esprit. Dans notre équipe, seule la victoire nous intéresse.»SermentEn dépit des bons résultats enregistrés, le club ne peut empêcher ses joueuses de partir voir ailleurs. «Rien que ces deux dernières années, douze éléments ont quitté le club», regrette Naïma Bouhenni. Toutefois, l'équipe est restée debout. Mieux encore, ellecompte en son sein sept joueuses chez les Verts avec Bouhenni, Sekouane, Mesouar, Benkhada, Larbi Aouda, Belkadi et Benalou.Le club dispose déjà d'une bonne relève avec les U20 et U17 (deux fois championnes d'Algérie) en plus de la présence de 50 filles dans l'école de formation du club. «Nous avons des filles venant de Sidi Khettab, Baba Hassen, Mariama. Je suis souvent en contact avec des enseignants des écoles qui me proposent des filles susceptibles de jouer au foot. Mais il m'arrive aussi de solliciter, par exemple, des filles qui font de l'athlétisme pour qu'elles viennent jouer au football chez nous», confie l'entraîneur.Tous les titres remportés par les filles d'Affak Relizane ne les ont pas rendues riches pour autant. L'équipe a reçu 100 millions de centimes après sa dernière Coupe d'Algérie, alors que la somme était de l'ordre de 80 et 50 millions de centimes les quatre années précédentes. Pour le titre de champion d'Algérie, il n'y a aucune rétribution financière. Du coup, le club éprouve beaucoup de difficultés à joindre les deux bouts, même si le budget alloué au club est de l'ordre de 300 millions de centimes pour 400 athlètes. Mouaz affirme même que si le football féminin continue d'exister c'est grâce à la FAF qui prend en charge l'hébergement et le transport.Les joueuses reçoivent juste des primes d'encouragement de 1500 DA en cas de victoire à domicile et 3000 DA à l'extérieur. «Si on avait juste la moitié d'un salaire d'un joueur de football, on ferait des miracles», affirme l'entraîneur de l'équipe. Il est même arrivé, l'année dernière, que les joueuses internationales prêtent de l'argent au club pour assurer sa bonne marche. Les filles se focalisent déjà sur les prochains rendez-vous avec toujours le même serment : faire honneur à Relizane et à ses femmes, en dépit de toutes les contraintes.


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