« Nous allons à Khartoum et nous dormirons sur des cartons ! » Tel est le slogan chanté par des milliers d'Algériens depuis dimanche dernier. Et, chose promise chose faite, les supporters algériens ont passé leurs nuits à même le sol, sur des cartons ou sur des couvertures frappées du logo d'Air Algerie.
« Nous sommes venus apporter notre soutien à l'équipe nationale. Nous savions d'avance que nous allions souffrir un peu, mais l'essentiel c'était d'être là », confie Sofiane, 26 ans, chômeur, venu de Relizane avec quatre copains. Les autorités soudanaises, avec le concours de l'ambassade d'Algérie (une petite chancellerie comptant cinq diplomates) avaient aménagé deux sites pour recevoir les Algériens : la foire internationale de Khartoum, sous la surveillance des agents de la Protection civile algérienne, et un regroupement de camps, sous l''il de policiers algériens. A l'intérieur du hall principal, des centaines de jeunes dorment par terre, sur de très fins matelas. Mourad, Aziz et Farid ont entre 20 et 25 ans. Ils sont venus de Boumerdes sans argent, avec pour seules provisions des dattes et des gâteaux. Rares sont les Algériens qui ont pu préparer leur voyage au Soudan. Kamel, venu de France, a échangé 5000 euros en dirhams soudanais et les a distribués aux Algériens. Khadidja, une grand-mère de Blida, est venue toute seule. « C'est de notre fierté qu il s'agit ! Je tenais à être ici pour lancer des youyous au moment de la victoire. » Si elle regrette un peu d'être venue « compte tenu des conditions », Fouzia a bien conscience de « vivre un moment historique ». Les plus chanceux ont pu dormir sous une tente dressée sur la pelouse, les retardataires ont passé la nuit à la belle étoile, sur des cartons. D'autres encore ont trouvé refuge dans des hôtels de fortune. Yacine, de Hydra, a ainsi loué une chambre pour 30 dirhams par jour. « Les sanitaires, pour moi, c'était prioritaire quitte à ce que je dépense mes 400 euros ! », confie-t-il. Une cinquantaine de supporters venus de Aïn Defla ont choisi d'occuper les dortoirs, au centre de l'ancien Khartoum. Quelles qu'aient été les conditions dans lesquelles les Algériens ont dû supporter leur équipe, ils se souviendront de ce 18 novembre. Même Karim, un jeune Marocain dont la femme a accouché ce jour-là ; leur fils, ils l'ont appelé Saâdane.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Zouheir Aït Mouhoub
Source : www.elwatan.com