La grève à laquelle a appelé l'intersyndicale de la fonction publique a été, pour la première journée, massivement suivie, selon ses initiateurs. Le porte-parole du SNAPAP, Hadj Djillali, parle d'un taux de suivi de 80%, «et ce malgré la pression de l'administration sur les grévistes». Le porte-parole du Syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (SNAPAP), Hadj Djillali, s'est dit satisfait du taux de suivi de la grève. Il affirme que plusieurs secteurs ont été perturbés par ce débrayage. Il citera les collectivités locales, plus particulièrement les communes et les daïras, le secteur des finances, l'enseignement supérieur, la formation professionnelle, le secteur de la santé ainsi que l'éducation. M. Hadj Djillali n'a pas hésité à dénoncer «les pressions exercées par l'administration» sur certaines sections syndicales. Sa collègue Nacéra Ghozlane ira plus loin, dénonçant des cas de violence. «La présidente de la section syndicale du SNAPAP a été violentée par le sous-directeur de l'Institut national de l'enseignement supérieur technique à Oran», affirme-t-elle, en précisant que «le bureau national du SNAPAP déposera plainte contre ce sous-directeur dans les heures qui viennent». Notre interlocutrice a également affirmé que les responsables de l'administration ont tenté d'induire en erreur les grévistes. «Le responsable de l'école Cheikh Bouamrane à El-Mouradia a informé les grévistes que la grève était prévue pour les 24, 25 et 26 du mois en cours, et ce dans le but de créer la confusion». Le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation (SATEF), Salem Sadali, a dénoncé, pour sa part, dans un communiqué «les casseurs de grève». Il s'est par ailleurs réjoui de la forte mobilisation des travailleurs de la fonction publique et surtout de leur courage. «Les travailleurs ont su déjouer les manipulations des casseurs de grève et ils ont su faire face aux pressions de l'administration, apparentées par endroits à des méthodes policières», a—t-il dénoncé. Le porte parole du CNAPEST, M.Lamdani, n'a évoqué quant à lui aucune forme de pression. Il s'est dit plutôt satisfait des résultats obtenus. «Le mot d'ordre de grève a été massivement suivi dans le secteur de l'éducation», atteste-t-il. Et d'affirmer que le taux de suivi de la grève à Ouargla et à Tipaza était de 100%. «Les 22 lycées de la wilaya de Tipaza ont été tous paralysés», souligne-t-il. Alger a enregistré, quant à elle, un taux de suivi de 94% et, selon lui, «114 lycées ont suivi le débrayage». Le responsable du CNAPEST a évoqué en outre les établissements de la wilaya de Bouira qui ont été tous paralysées, tous paliers confondus. Il a indiqué qu'à Constantine, sur les 54 lycées qui existent, 46 ont suivi le mouvement de grève. A Jijel, un seul lycée a fonctionné sur les 27 que compte la wilaya; à Béjaïa, 47 lycées sur les 50 ont suivi le mouvement. Pour ce qui est de l'ouest du pays, dans la ville d'Oran, la grève a été suivie, selon Lamdani, dans 17 des 51 lycées; à Relizane, une trentaine de lycées ont répondu favorablement à l'appel de l'intersyndicale. Pour ce qui est de la wilaya de Biskra, Lamdani avance un taux de suivi de 80%. Pour ce qui est de la coordination nationale des sections CNES, son porte-parole, en l'occurrence M.Cherbal, a affirmé que la grève a été massivement suivie à l'université de Bab Ezzouar à Alger: «23 amphithéâtres ont été paralysés sur 24», a-t-il affirmé. Et d'ajouter que la majorité des examens du tronc commun de 1ère et 2ème années ont été reportés. Il a précisé également que la grève a été suivie par l'Ecole polytechnique d'architecture et d'urbanisme, l'Institut d'informatique, l'Institut national d'agronomie ainsi que les universités de Blida, Oran, Jijel et Ouargla. Cherbal s'est dit satisfait de la mobilisation des syndicats. «Nous avons atteint notre but qui consiste à construire une solidarité syndicale pour protéger les métiers et la dignité des citoyens et travailleurs de la fonction publique», a-t-il précisé. Les grévistes des sept syndicats continuent à réclamer un statut capable de leur assurer une dignité, une stabilité et des conditions de travail adéquates ainsi qu'un pouvoir d'achat garantissant une vie décente. Ils exigent une augmentation de salaire, l'association des syndicats autonomes à l'élaboration des statuts particuliers, la revalorisation du point indiciaire, la révision du régime indemnitaire, l'abrogation de l'article 87-bis, la réintégration des vacataires et la préservation du pouvoir d'achat. L'intersyndicale a décidé de poursuivre son mouvement de grève jusqu'à mardi 12 février, date à laquelle les huit syndicats observeront un rassemblement devant le Palais du gouvernement. Rappelons que la coordination nationale des syndicats autonomes a appelé à un mouvement de grève les 24, 25 et 26 du mois en cours.
La grève peu suivie à Oran
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Aziza
Source : www.lequotidien-oran.com