Relizane - Revue de Presse

Code-barres



L?Algérie n?est plus une grande prison, mais un gigantesque code-barres. » C?est en ces termes qu?un économiste au chômage décrivait l?évolution du pays, ne voyant dans les barreaux du célèbre code que les successeurs des vrais barreaux en fer des prisons nationales. Tout se vend, tout s?achète et plus rien ne se prête, pas même une bonne intention. C?est bien dans l?air du temps, une époque libérale multiservices où le million pèse plus qu?une idée et le taux de change plus important que celui de l?analphabétisme. Le Président Bouteflika a bien compris cette transformation générale puisque dans son projet de charte pour la paix, aux côtés des valeurs virtuelles et civilisationnelles qui encensent les vertus du pardon, de la clémence et du dialogue, des dispositions financières ont été prises pour indemniser autant les familles de disparus que celles de victimes du terrorisme, avec de vrais dinars et de vrais billets. L?argent panse plus facilement les blessures que le mercurochrome ? Oui dans de nombreux cas, les convictions étant devenues aussi molles qu?une mer de beurre fondu. Que penser de Madani Mezrag, passé de l?opposition armée au soutien public, devenu porte-parole du Président, ou de Louisa Hanoune, passée du rôle de la radicale trotskyste à celui d?alliée sociale d?un régime libéral ? Rien, puisque le débat sur les équilibres n?est peut-être qu?ici : qui va gagner plus, le membre de famille de disparu ou le membre de famille de victime du terrorisme ? Si les chiffres ne sont pas encore très clairs, la réponse est peut-être venue de Hadj Saïdani, ex-militant de la ligue des droits de l?homme de Relizane, qui, après s?être retiré de la ligue et des droits de l?homme, vient de passer de façon assez spectaculaire du statut de famille de disparu à celui de victime du terrorisme. Combien a-t-il gagné au change ? La réponse est oui.
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