Relizane - Revue de Presse

Campagne référendaire de Bouteflika



Le « oui » à huis clos Après Sétif et Béchar, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, se rendra à Chlef jeudi prochain dans le cadre de sa campagne en faveur du oui pour le référendum du 29 septembre prochain portant sur le « projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale ». Bouteflika prononcera un discours de campagne devant des délégations qui devraient arriver des wilayas limitrophes : Relizane, Aïn Defla, Médéa, Tissemsilt et Tiaret. Régions particulièrement éprouvées par ce que Bouteflika qualifie depuis peu de « guerre civile ». Le chef de l?Etat devra ensuite animer des meetings le 4 septembre à Ouargla, le 8 à Oran, le 18 à Tizi Ouzou, le 20 à Batna, le 22 à Constantine et le 24 à Laghouat. Le dernier meeting étant prévu à la capitale le 26 septembre Alger. Une campagne qui semble bénéficier de l?absolu soutien des médias publics : télévision, radios et presse écrite. Pas une voix discordante n?enfourche les ondes de l?ENTV, de l?ENRS. Pas une critique n?habite les dépêches de l?APS. Même le « oui, mais... » semble banni des médias publics. Le « oui » occupe les oreilles et les yeux des Algériens au mépris total de la notion de service public. « A-t-on le temps suffisant pour réfléchir qui de l??uf ou de la poule ont précédé ? Il n?y pas à philosopher. C?est une question aux mains des agriculteurs, des travailleurs, des hommes, des femmes... », avait déclaré le président Bouteflika lors de son discours à Béchar dimanche dernier. Exit les débats. Le ministre d?Etat, président du MSP, Abouguerra Soltani, avait soutenu devant la presse que le projet présidentiel était si évident qu?il n?avait pas besoin de débat. Une campagne qui se déroule sous état d?urgence malgré les assurances du président Bouteflika qui a déclaré à Sétif, le 25 août dernier, que « le peuple est souverain, nous lui avons enlevé toutes les tutelles, votre choix est libre ». Dans son discours du 14 août, le Président a, a priori, désigné ses contradicteurs comme étant ceux « qui, à l?intérieur et à l?extérieur, ont assisté hier silencieux aux horribles tueries qui nous ont frappés dans notre chair et dans notre âme ». PURETÉ DU PARDON ? La démarche ne semble pas fournir un minimum de garantie pour une campagne équitable. Si tel est le cas, pourquoi aller vers un référendum qui risque, au grand désavantage du pays, de la justice et de l?histoire, de ressembler à un plébiscite ? « Ce dont je rêve, ce que j?essaie de penser comme la ??pureté?? d?un pardon digne de ce nom, ce serait un pardon sans pouvoir : inconditionnel, mais sans souveraineté. La tâche la plus difficile, à la fois nécessaire et apparemment impossible, ce serait donc de dissocier inconditionnalité et souveraineté », avait déclaré le philosophe Jacques Derrida au Monde des débats en décembre 1999. Il faudrait également comprendre comment se déroulera le référendum dans des wilayas et des communes sans présence d?élus comme en Kabylie après la dissolution des APC et des APW. Campagne également inscrite dans le flou des concepts. Dans ses dernier discours, le chef de l?Etat nie avec force et vigueur un éventuel recours à une « amnistie générale » tout en esquissant, graduellement, ses contours. Un flou qui paraît parasiter la clarté de la campagne pour le « oui » menée tambour battant, mais localisée dans les espaces du monopole de l?expression.
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