
- Dans quel contexte avez-vous pris la défense des frères Mohamed 'J'ai hérité de ce dossier lorsque le procureur de la République de Nîmes, Madame Becciau, a rendu, en juillet 2013, les réquisitions de renvoi, devant la cour d'assises, des frères Mohamed. La justice française leur reproche des actes de torture et de barbarie à l'endroit d'anciens membres ou sympathisants du GIA et du FIS dans la wilaya de Relizane durant la période allant de 1994 à 1996. Officiellement, il n'y a aucun élément qui indique comment on a connu le passé de mes clients et leur résidence à Nîmes, mais nous savons que cette affaire a été déclenchée par deux personnes : Mohamed Smaïn et Me Baudouin.- Pensez-vous que la justice française est dans son droit de lancer ce genre de procédure 'Je pense que si les juridictions françaises pouvaient faire valoir leur compétence universelle, il n'en demeure pas moins qu'elles n'avaient aucune légitimité et qu'il est particulièrement présomptueux de croire qu'un juge français puisse élucider des affaires aussi complexes, alors que les juges algériens n'ont pas pu le faire.- Ce procès risque d'être très médiatisé du fait de la symbolique de cette action judiciaire inédite. Cela ne vous fait pas peur quant à l'issue finale du procès 'Ni le sentiment de peur ni celui de la haine ne pourront guider mon action, même si j'aurais aimé que la médiatisation fût faite avant cette décision du juge de mettre en accusation mes clients. D'ailleurs, le juge qui instruit l'affaire n'est pas celui qui a mené les investigations au début.- Avez-vous demandé, par exemple, des assurances au juge chargé de l'affaire par rapport à d'éventuelles pressions médiatico-politiques dans ce dossier 'Impossible. Il me paraissait fuyant ! J'ai fait des observations écrites, mais elles sont restées sans suite. Je pense que c'est l'Etat algérien qui est visé et plus précisément l'armée algérienne. En juin 2014, je suis allée en Algérie pour mener des investigations. Vainement ! La justice locale à Relizane n'a pas été coopérative.En tous cas, la chambre de l'instruction de Nîmes a quatre mois pour se prononcer sur le renvoi des frères Mohamed devant la cour d'assises. Ma ligne de défense sera implacable, sans compromission, car il s'agit avant tout de défendre la dignité de tous ceux qui ont combattu le terrorisme en Algérie.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Ghezlaoui
Source : www.elwatan.com