Hadj Smaïn rejugé pour diffamation
L’affaire opposant le moudjahid Hadj Ferguene à Hadj Smaïn, représentant de la LADDH à Relizane, a été rejugée, avant-hier, par la cour de Relizane en présence de l’accusé principal poursuivi pour diffamation contre des éléments des groupes de légitime défense.
Assistaient au procès le président de la Ligue al-gérienne des défenses des droits de l’Homme et un autre membre du bureau national, ainsi qu’un avocat français mandaté par la FIDH pour suivre le déroulement du procès. Apres une attente qui a duré jusqu’à 11h00, les chefs d’accusation ont été notifiés à Hadj Smaïn. Interrogé ensuite sur cette affaire, il soulignera qu’il a agi dans le cadre de sa mission en tant que représentant des droits de l’Homme à Relizane, affirmant avoir découvert des charniers en soulignant avoir été «empêché par la gendarmerie de se rendre sur les lieux et de prendre connaissance de preuves». Il a déclaré avoir même remis des plaintes au procureur général près la cour de Mostaganem et des dossiers concernant cette affaire au président de la République d’alors, Liamine Zeroual, qui a d’ailleurs, rappellera-t-il, ordonné un enquête «dont les résultats sont à ce jours non rendus publics». Il fera aussi remarquer que son antagoniste, Hadj Ferguene, «avait été arrêté par la justice militaire en mars 1997 pour les mêmes affaires». C’était ensuite aux six plaignants accusant Hadj Smaïn de les avoir diffamés, de s’insurger contre ce dernier qui les a qualifiés de «meurtriers et d’assassins», en proférant contre eux «des insultes en public et à travers les colonnes de la presse écrite» au point où les plaignants craignaient de s’afficher en public, «de peur d’être liquidés par des terroristes», surtout après que leur identité «a été rendue publique dans le livre publié en France par l’accusé». Les victimes ont donc demandé des dédommagements. L’avocat de la partie civile a estimé dans son intervention que l’affaire n’est autre qu’une affaire de règlement de comptes suite à la déchéance de Hadj Smaïn de sa qualité d’ancien moudjahid par l’Organisation des moudjahidin présidée localement par Hadj Ferguene. Dans le même contexte, l’article paru dans le journal Er-Rai (journal arabophone ayant cessé de paraître) a été qualifié de diffamatoire. Le représentant du ministère public, lui, a estimé que le mis en cause est allé loin dans ces articles et dans ses déclarations à la presse qu’il a utilisés pour faire pression sur ses victimes. Il ajoutera que les griefs retenus contre ce dernier sont fondés, demandant ainsi le maintien du verdict prononcé contre l’accusé en février 2002 et condamnant Hadj Smaïn à un an de prison ferme. Quant aux avocats de la défense, ils ont brossé l’historique de cette affaire et sont revenus sur les événements qu’a connus l’Algérie durant la décennie noire, en faisant part de «plus de 762 dossiers de disparus reconnus par l’Etat». Ils se demanderont ainsi «comment ose-t-on juger Hadj Smaïn pour avoir parlé de pas plus de 20 ou 30 dossiers».
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com