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Wilaya de Ouargla



Wilaya de Ouargla
Son secret : les études sont «un combat de tous les jours, dès la première année de scolarité» Son rêve : entamer des études de médecine.A chacun ses rêves et ses moyens. Si Kenza Oussalah, meilleure bachelière algérienne de tous les temps, a vu son rêve de se former en biomécanique au Canada se concrétiser grâce à un donateur algérien, Assia Djeghoubi, meilleure bachelière de la wilaya de Ouargla, elle, rêve d'accéder à la meilleure faculté de médecine du pays.Elle croit en l'Université algérienne et espère pouvoir être formée par les meilleurs professeurs du pays dans un centre de référence en médecine. A peine 18 ans, elle a parcouru 200 km, de son Bennaceur natal, commune de la daïra de Taibet, pour assister, avec son père, son grand-père et sa s?ur, à la cérémonie organisée par la wilaya de Ouargla en l'honneur des lauréats de l'année scolaire écoulée.Pas de distinction nationaleElle, c'est Assia Djeghoubi, née sous un palmier, sur une dune de sable et qui n'aura pas été admise à la cérémonie nationale des lauréats du baccalauréat, tout bonnement parce quelle a obtenu un 18,43 de moyenne générale au lieu du 18,44 minimal exigé pour rencontrer le Premier ministre et recevoir une médaille, une tablette et un billet d'avion.C'est portant la meilleur bachelière de tous les temps de la wilaya de Ouargla et ce titre qu'elle a amplement mérité n'est pas le fruit du hasard dans une wilaya qui freine dans le peloton des dix derniers au classement national avec ses 41,94% de taux de réussite, loin, très loin des cinq premières wilayas du classement national à savoir Tizi Ouzou, Boumerdès, Constantine, Tipasa et Alger. «Je travaille plus que je ne dors ou m'amuse», dit-elle et je pense que «le bac est somme tout une affaire très personnelle, une conviction qu'on se forge très tôt dans la vie et un objectif à tracer soi-même».Assia synthétise dans cette phrase la devise des meilleurs, non pas par manque de conscience de la réalité de son milieu, étant issue de la périphérie d'une wilaya du Sud qui peine à améliorer son rendement scolaire qui affiche un 5 et tout au plus un 6 de moyenne générale à l'examen de 5e année élémentaire, le premier palier scolaire test et véritable indicateur du niveau général des enfants de cette wilaya. Sur un nuage ' «Non, mes pieds sont bien ancrés sur terre et mon seul v?u pour le moment c'est de devenir médecin.»Le choixBelkacem, son père, ne se fait pas d'illusions. Retraité de la commune de Bennaceur, il a offert le meilleur à ses filles qui ont chacune brillé dans sa scolarité. Assia est sa troisième fille et ses prouesses n'ont cessé de l'étonner, lui-même grand lecteur et amateur de culture. «J'espère pouvoir l'inscrire à Alger pour une première étape, on verra après.»L'université de Ouargla compte pourtant une jeune faculté de médecine, qui chapeaute les wilayas de Ouargla, Ghardaïa et Illizi, comptant quelque 520 étudiants en 1re et 2e année biomédicale, mais M. Djeghoubi a d'autres aspirations pour sa fille : «Je trouve qu'il est tout à fait légitime de vouloir le meilleur, au moins au niveau national pour ma fille, elle s'est donnée à fond depuis sa première année primaire et a obtenu la meilleure moyenne que notre wilaya ait enregistrée depuis l'indépendance.» Si Assia incite les futurs bacheliers à mobiliser leurs efforts avec sérieux et persévérance pendant toute leur vie scolaire et à ne compter que sur eux-mêmes et leurs propres ressources, son père explique que «la scolarité des enfants est d'abord l'affaire des parents».Pour Belkacem, «si le Sud reste en bas du classement national, c'est parce que l'implication des parents n'est pas assez forte, certains d'entre eux s'en foutent royalement et cela n'est pas le cas ailleurs dans les régions où les études sont la première préoccupation de la famille». «Les insuffisances matérielles, le niveau des enseignants, l'absence de professeurs de langues étrangères, les difficultés d'apprentissage de ces langues sont autant de prétextes», affirme ce père de quatre enfants brillants, scolarisés dans des écoles rurales dotées du minimum de moyens accordés par la tutelle.Pour Assia et son père, les élèves et leurs parents doivent se rencontrer sur l'essentiel, à savoir «la détection des capacités individuelles de chaque enfant pour l'aider et le motiver au mieux». Et d'ajouter que «les études ne doivent pas être un acte banal mais un vrai combat de tous les jours, dès la première année de scolarité».Aidée par ses parents auxquels elle rend hommage, Assia souligne qu'elle s'est fait aider par les meilleurs enseignants de Bennaceur dans les matières principales de sa branche, les sciences expérimentales, avec un intérêt particulier et dès son jeune âge pour les langues étrangères, considérées comme un des points faibles des élèves du Sud en général et principal frein lors des examens nationaux.Assia, ainsi que douze autres lauréats ayant obtenu des moyennes d'excellence, sont donc l'exception à la règle et la confirmation d'une tendance à la suprématie des communes de la banlieue sur celles plus urbanisées et mieux dotées en moyens. Cette année, 11 élèves ont obtenu une moyenne de 17/20 et plus, 44 autres des moyennes oscillant entre 16 et 16,99/20 et 653 élèves ont obtenu des entre 13 et 15,99/20.Bennaceur, la petite commune qui aspire à sortir de l'anonymat, est désormais à la première place, puisque Assia Djeghoubi vient de lui offrir le titre de meilleure bachelière de tous les temps, un titre qui lui revient par excellence et que tout le staff du lycée Chahid Abid Ahmed Bennaceur a dûment fêté, la semaine dernière.Outre les honneurs officiels de sa commune et de la wilaya déléguée de Touggourt, la jeune fille a reçu ceux de la wilaya de Ouargla, dont le wali, Saâd Agoudjil, a promis de lui offrir la même distinction que les meilleurs lauréats d'Algérie, reçus la semaine dernière dans la capitale, à savoir une tablette et un billet d'avion pour l'Europe.
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