
Châtiment ! C'est le mot qui convient le plus pour qualifier le traitement infligé par des responsables de Sonatrach à des demandeurs d'emploi de certaines wilayas du Sud. Hier, ils étaient plus de 400 jeunes diplômés, dont des filles, natifs de Ouargla, Hassi Messaoud, Laghouat, Touggourt, Illizi, El Oued, à avoir effectué le déplacement jusqu'à Boumerdès pour s'enquérir des suites réservées à leurs dossiers de recrutement par la compagnie pétrolière nationale.Epuisés, certains attendent depuis deux jours devant le Centre de recherche et de développement (CRD), affilié à ladite société pour passer l'entretien. En vain. D'autres n'ont pas trouvé leur nom sur la liste des postulants au concours bien qu'ils aient déposé leurs dossiers à l'ANEM de Ouargla pour y participer. «C'est un châtiment pas une opération de recrutement. Je me demande pourquoi on nous a obligés à parcourir des centaines de kilomètres en ce mois de Ramadhan pour un test oral que nous aurions pu passer près de chez nous», dénonce Abderraouf, natif de Touggourt.Selon lui, l'offre de recrutement de Sonatrach concerne 229 postes administratifs destinés aux demandeurs d'emploi de cinq wilayas du Sud. Abderraouf, diplômé en audit et comptabilité, est arrivé dimanche dernier à Boumerdès, mais il n'a toujours pas passé le fameux entretien. Chômeur de son état, Abderraouf et son ami Mohamed ont passé une nuit à l'hôtel et une autre à la mosquée. «Avant-hier nous avons passé toute la journée ici. Heureusement qu'il y a des restos errahma où nous rompons le jeûne le soir, sinon nous n'aurions plus de quoi payer notre voyage retour», confie-t-il.Revenez après !Ce regroupement des protestataires n'a pas manqué d'attirer l'attention des éléments du maintien de l'ordre qui se sont d'ailleurs déplacés pour éviter d'éventuels débordements. «A défaut de régler notre problème, on nous envoie la police. C'est une provocation», lance un jeune, venu d'El Oued, accusant l'administration d'avoir tout fait pour dissuader les gens de participer au concours. «L'offre a été affichée le 23 juin dernier durant deux heures uniquement à l'ANEM de Ouargla.Les dossiers, au lieu d'être traités sur place, ont été transmis à la direction générale de Sonatrach à Hydra. Laquelle a, à son tour, appelé les candidats par téléphone en les invitant à venir à Boumerdès pour passer le test oral alors que cela aurait pu se faire le plus normalement du monde au niveau des sites administratifs de l'entreprise à Hassi Messaoud ou ailleurs. Plus grave encore, quand nous sommes arrivés ici, ils nous ont demandé de revenir après, sous prétexte qu'ils n'ont pas trouvé nos noms sur les listes», s'indigne-t-il.Certains jeunes, natifs de Laghouat, affirment avoir dormi au bord de la mer. «Je n'ai plus de sou. J'ai passé une nuit à l'hôtel à Alger, mais le deuxième jour, j'ai été obligé d'aller dormir avec un camarade sur la plage», a-t-il avoué. Même les filles ont été obligées de rester dans l'espoir de dénicher un poste d'emploi à Sonatrach. «Hier (lundi), on était plus d'une trentaine.Certaines ont fait leur test, mais il en reste encore une quinzaine», a déclaré une fille de Ouargla. Nos tentatives pour joindre les responsables du CRD pour un complément d'information sont restées vaines. «Nos responsables sont en réunion avec les représentants des contestataires. Il n'y a personne qui pourrait vous recevoir», nous répond sèchement un agent de sécurité dudit centre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ramdane Koubabi
Source : www.elwatan.com