Un texte collectif a appelé vendredi la France à assumer ses responsabilités, la mettant en garde contre les conséquences de la non-décolonisation du Sahara occidental et des risques de la dégradation de la situation en Afrique du Nord."Si la Monarchie marocaine continue d'être soutenue par les autorités françaises dans ses velléités actuelles, en dépit (de la violation flagrante) du droit international, la situation risque de s'aggraver encore davantage au détriment de la stabilité de la région et, surtout, de la paix entre les peuples", ont averti les premiers signataires, des anthropologues et sociologues.
Les auteurs du texte ont appelé les autorités françaises à promouvoir en urgence "le droit international et de régler, une fois pour toute, par le droit et uniquement le droit, les problèmes qui minent les peuples et les Etats de la région".
Ils ont rappelé qu'ils avaient déjà averti l'opinion publique et le président français, Emmanuel Macron, "de la lourde responsabilité de la France dans la non-décolonisation du Sahara occidental", ajoutant que plutôt que de se conformer au droit international et tout en reconnaissant la colonisation comme un crime contre l'Humanité, "les autorités françaises soutiennent la colonisation marocaine de ce territoire non-autonome des Nations unies".
Paris a ainsi procédé à l'installation d'"une délégation de la chambre française de commerce et d'industrie à Dakhla, dans la partie illégalement occupée par le Maroc, permis la mise en place via l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) de partenariats scientifiques marocco-français couvrant le Sahara occidental, ouvert une antenne du parti présidentiel, LREM, à Dakhla occupée également et soutenu le pillage des ressources naturelles au Sahara occidental (comme en témoignent les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne du 29 septembre dernier, la France apparaissant avec le Maroc dans la partie défenderesse)", ont-ils ajouté.
Les premiers signataires de ce texte ont souligné que ce "positionnement en faveur du Maroc, pour des raisons purement économiques et politiques, a conforté la monarchie marocaine dans ses velléités expansionnistes et illégales" : agression militaire dans la zone tampon de Guerguerat, le 13 novembre 2020 événement déclencheur de la reprise des hostilités armées au Sahara occidental, "normalisation" ou "accord entre colons" avec Israël en soutien à la colonisation du Sahara occidental, espionnage tous azimuts via le logiciel israélien Pegasus ainsi qu'appui et instrumentalisation de l'organisation terroriste MAK (dont le chef est domicilié en France).
Ils ont précisé que face à ces provocations, les autorités algériennes ont "réagi avec retenue, de manière diplomatique et économique (non renouvellement du contrat du gazoduc GME passant par le Maroc), sachant que le Maroc s'apprête à bâtir, en coopération avec Israël, une base militaire près de Melilla, à quelques encablures de l'Algérie".
"La vérité est que la guerre a déjà commencé en raison de l'incapacité de la communauté internationale, et de l'absence de volonté claire de la France en particulier, à faire valoir le droit international (en Afrique du Nord)", insiste le document, rappelant qu'en novembre 2020, "dans un relatif silence complice de nombreux médias, le Front Polisario a "dû reprendre les armes, après avoir attendu pendant près de 30 ans le référendum d'autodétermination sur le Sahara occidental, conformément à la résolution 690 du Conseil de sécurité de l'ONU du 29 avril 1991, et qui n'a jamais eu lieu".
Ce conflit armé a déjà généré ses crimes de guerre : entre autres, trois civils algériens assassinés par une attaque marocaine au drone sur l'axe Nouakchott-Ouargla le 1er novembre 2021, 11 civils sahraouis tués le 17 novembre et le 27 du même mois, un adolescent sahraoui tué également, tous bombardés par des drones de l'armée marocaine, souligne le texte.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz