
Parce qu'elle est entourée par des pays laminés par des conflits armés, l'Algérie fait face à un important flux migratoire, poussant les autorités à ouvrir des centres d'accueil à Adrar, Ouargla Touggourt et Reggane, dont la gestion a été confiée au Croissant-Rouge algérien (CRA).Le choix de ces régions n'est pas fortuit : elles constituent un passage obligé, mais aussi des lieux de brassage communautaire frontalier assez important, même si des nationalités autres que malienne et nigérienne sont de plus en plus présentes et avoisinent la quarantaine.Ouargla vient en première position avec deux centres d'accueil. Situé non loin de la ville de Ouargla, le premier abrite actuellement 2400 migrants, alors que celui de Touggourt prend en charge 900 autres. A Adrar, le centre de Timiaouine accueille 46 familles, alors qu'àReggane elles sont au nombre de 175.Aussi paradoxal que cela puisse paraître, dans la ville de Tamanrasset, il n'existe pas de centre pour migrants que l'on retrouve dans tous les quartiers et villages les plus reculés de l'Ahaggar jusqu'à Djanet, en passant par Illizi. Ils se fondent parmi la population et certains d'entre eux ont préféré se regrouper dans des agglomérations propres à eux.Cependant, précise la présidente du CRA, contrairement à d'autres villes du pays, près d'un millier de migrants vivent dans des familles locales. «C'est une tendance à la hausse et cela nous réconforte. Ces migrants sont accueillis dans des foyers. Peut-être en raison des liens familiaux ou tribaux, mais l'essentiel, c'est qu'ils puissent vivre dans la dignité. D'ailleurs, le diapositif d'aide mis en place par l'Etat concerne aussi ces familles qui accueillent des migrants ; elles peuvent bénéficier d'une aide substantielle leur permettant de supporter les frais inhérents à la prise en charge», explique Mme Benhabylès.Réunie depuis deux jours avec les délégués du Sud en charge de la gestion des centres d'accueil de migrants, la présidente du CRA précise que le nombre de déplacés recensé a tendance à «diminuer» ces derniers mois, mais elle dit ne pas pouvoir en expliquer les raisons. «Peut-être parce qu'ils repartent chez eux, ou qu'ils préfèrent aller ailleurs à la recherche d'un travail et être, de ce fait, plus autonomes.» Mme Benhabylès estime par ailleurs que les volontaires «font un travail extraordinaire pour apaiser les souffrances de ces personnes qui arrivent, le plus souvent dans une situation de vulnérabilité indescriptible en raison des longues distances qu'ils parcourent sous un soleil de plomb, dans des conditions extrêmes. Nos volontaires ont dû assister à des accouchements, à des décès, à des mariages, à des circoncisions ou tout simplement aux moments ou joie et de deuil des pensionnaires, souvent des hommes mais de plus en plus de femmes et d'enfants auxquels ils assurent le gîte, le couvert et une assistance médicale».Leur plus grand problème est, dit-elle, de faire en sorte que la quarantaine de nationalités qui cohabitent «puissent trouver quiétude et sérénité, en respectant toutes les cultures qu'elles représentent». Elle insiste sur «les difficultés» rencontrées sur le terrain, notamment dans la gestion de ces centres aux flux importants, confiée à des volontaires qui dans la majorité des cas n'ont pas l'expérience adéquate. «Cependant, avec l'aide de nos partenaires, comme le CICR, nous avons programmé des sessions de formation pour l'encadrement de ces centres afin d'améliorer leur gestion et d'offrir de meilleures services.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salima Tlemçani
Source : www.elwatan.com