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Prix des denrées alimentaires: Appel à un réajustement des formes de soutien à la production



L'impact de la guerre entre la Russie et l'Ukraine sur le marché des produits agricoles et agroalimentaires risque de s'accentuer davantage au fil du temps si le conflit persiste notamment avec l'inflation mondiale élevée.C'est ce qu'a affirmé Ahmed Hidouci, économiste à l'université de Blida, en marge de la tenue de la deuxième journée de la rencontre scientifique sur «La réhabilitation de l'élevage et la diversification quant à la consommation de viandes» tenue les 19 et 20 mars dans la wilaya de Beni Abbès. Une rencontre organisée par l'association nationale El-Aman pour la défense des consommateurs.
L'économiste a rappelé que la Russie et l'Ukraine produisent en quantité importante le blé, le maïs et l'orge, dont une grande partie alimente les marchés mondiaux. En évoquant ainsi la flambée des cours mondiaux de certains aliments, il a indiqué que « le blé a augmenté de 300% après le déclenchement de la guerre » sans parler des aliments de bétail et de la volaille qui eux aussi connaissent une certaine tension.
Il relativise en affirmant que ces conséquences vécues à l'échelle planétaire ne sont pas une fatalité, notamment pour le cas de notre pays qui a adopté, bien avant, une politique de diversification de ses fournisseurs notamment pour l'importation du blé. Mais, dit-il, si le marché algérien est à l'abri d'une forte perturbation, il n'est pas du tout à l'abri d'une hausse des prix des aliments et produits importés, car les fournisseurs vont revoir à la hausse leurs prix en réponse à la forte demande sur les marchés mondiaux.
M.Hidouci a souligné la nécessité d'exploiter d'une manière efficiente les terres agricoles et réviser la cartographie de la céréaliculture, afin de moderniser les techniques, pour améliorer le rendement. « Un rendement à l'hectare qui est toujours aussi faible avec une moyenne de 10 à 15 quintaux à l'hectare, alors qu'en Ukraine et dans certains pays producteurs de blé, de maïs et d'orge c'est entre 70 et 90 quintaux à l'hectare », sans parler, dit-il, des pertes à la production en raison de l'utilisation d'outils et moyens dépassés. « Nous avons des potentialités pour améliorer le rendement de 60 à 70 quintaux à l'hectare notamment en matière de blé dur, en introduisant des techniques nouvelles et des moyens modernes», soutient-il.
Et de préciser que l'Algérie a également adopté des politiques de soutien en faveur des agriculteurs, éleveurs et producteurs. Il faut juste, préconise-t-il, réajuster ces politiques de soutien en fonction des résultats obtenus en matière de production locale. Il a cité à titre d'exemple la nécessité de revoir à la hausse la ration d'orge subventionnée pour permettre aux éleveurs d'ovins, de camelins et d'équins de disposer de quantités plus importantes en aliment du bétail, afin d'augmenter la production locale et assurer l'autosuffisance. Il faut rappeler dans ce sens que le ministère de l'Agriculture et du Développement rural a déjà étudié cette possibilité pour augmenter cette ration afin de soutenir davantage les éleveurs. L'économiste a également plaidé pour plus de mécanismes de soutien et d'encouragement au profit des filières aquacoles.
Le Pr Mouad Mokrane, expert, consultant dans la filière agroalimentaire, a insisté, pour sa part, sur la nécessité de réviser les formes de soutien et de subventions accordées par l'Etat au profit « non pas des éleveurs et des agriculteurs mais au profit de la production et la mise à niveau des éleveurs et des agriculteurs». «Beaucoup d'argent est parti en fumée dans des politiques de soutien accordé aux éleveurs dont certains ne sont même pas arrivés au stade de la production», souligne-t-il, se disant pour des subventions ciblées, un soutien structuré capable d'assurer un retour sur investissements, notamment en matière de production.
Le Pr Adamou Abdelkader, chercheur à l'université d'Ouargla, a mis l'accent sur la nécessité de se concerter directement avec les professionnels pour la révision du système de subvention accordée aux éleveurs et agriculteurs.
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