Smail EL Aouaber, 29 ans, chef de poste, responsable du forage, 8 ans à l'ENTP, célibataire Ce diplômé de l'Institut national de l'hydraulique de Boumerdès n'a pas de temps pour parler. Il est cloué à sa chaise et sa main sur la barre de freinage qu'il devra actionner à chaque fois en respectant la cadence du forage. Il est à l'écoute de la machine comme si elle lui donnait le signal pour freiner à un temps T, tel un véhicule. En 2011, il a été victime d'une luxation de l'épaule qui a nécessité 3 mois d'arrêt de travail. Généralement, il travaille 4 semaines pour se reposer les 4 suivantes dans sa famille. Il touche pour ce poste qu'il occupe un salaire de 100.000 DA en moyenne par mois pour 10 à 12h d'affilées collé à sa machine.
Abdenour Zidi, 42 ans, marié avec un enfant, soudeur, 21 ans d'expérience, niveau de 9e année fondamentale, réside à Boumerdès Abdenour a été victime d'un accident, il y a 10 ans, la clé de forage lui a abîmé un doigt entraînant trois mois d'arrêt. Lors de la man'uvre, il se relaie avec ses trois autres collègues soudeurs pendant qu'il prend sa pose de 30 mn pour déjeuner. Il gagne 100.000 DA par mois. Lui aussi travaille durant 1 mois et rentre chez lui le mois suivant.
Mohamed Seghir Khokho, 43 ans, accrocheur depuis 7 ans, 13 ans d'expérience, marié, 5 enfants, de Touggourt (W. Ouargla) Pendant le forage, Mohamed Seghir travaille sur les bacs. Il surveille le niveau de boue, sa fabrication, son traitement, sa densité, les pompes et les tamis. Il est chargé de la préparation de tubage et remplace le second de poste pendant 1'4 ou 1'2 heure. Il met la ceinture et monte sur la passerelle pour accrocher les longueurs des tiges sur l'élévateur durant 5 à 10 heures d'affilés et parfois jusqu'à 12h, à 30 mètres de haut. Cela a été le cas la veille, a fait remarquer son collègue. Parfois, vers 16h ou 17h, après 6 h effectuant le même geste, il arrive que l'accrocheur n'en puisse plus. Ce poste est le plus risqué de tous. Des cas de décès ont été déplorés dans l'Histoire du forage en Algérie. Mohemed Seghir a mis deux ans pour s'habituer à l'odeur du gasoil qui se dégage de la boue pendant son tamisage.
Bedreddine Hacini, 25 ans, mécanicien, 4 ans d'expérience, de Ouargla Détenteur d'un DEA (diplôme d'études appliquées) en mécanique de chantier, Bedreddine a pour mission la maintenance, la préparation, la prévention et la surveillance des appareils. Dès la reprise de son service, il effectue une tournée des organes mécaniques de la plate-forme durant 1'2 heure. C'est lui qui s'occupe des citernes de gasoil et de la surveillance du niveau de ce carburant, du dépotage et du niveau de consommation qui est de 2 m3 lorsque le groupe électrogène est au ralenti et de 3 m3 quand elle est en plein régime. Pendant, le forage, il ne touche rien sauf en cas de besoin, relève-t-il. Entre-temps, il les prépare les pièces des machines et contrôle le stock en magasin. Il gagne un salaire de 96.000 DA.
Riadh Maraghni, 31 ans, contremaître électricien, 4 ans d'expérience, marié avec un enfant Riadh est diplômé de l'INELEC (Institut national de l'électricité) de Boumerdès, est chargé de la surveillance du bon fonctionnement des machines, à partir de la salle de contrôle, le c'ur de l'appareil de forage, de la charge électrique de 600 volts et de la puissance de 1.500 kilovolts Ampère. Pour un appareil, il faut 4 groupes électrogènes mais leur mise en marche se fait selon les besoins. En phase finale, deux groupes sont nécessaires. Il répare également les pannes et fait de la prévention. Il vérifie le chauffage des moteurs et contrôle les vibrations. Tous les six mois, il procède au graissage des moteurs. Il travaille en équipe avec le chef électricien. Il s'occupe du DTM (démontage, transport et montage), qui dure entre 11 et 18 jours selon le kilométrage la pire des tâches car il faudra démonter chaque moteur à part. A titre indicatif, lors la distance dépasse 50 km, le déménagement nécessite 12 jours. La fréquence est tous les 3 mois en moyenne. C'est le personnel du chantier qui accomplie le DTM. Ce poste est exposé au danger permanent car à 0,5 ampères le risque est mortel, selon cet électricien. Toutefois, il existe une protection en un circuit de mise en terre à ' 20 ohm (dont le symbole est oméga et des disjoncteurs différentiels qui à 3.000 milliampères coupe automatiquement. Pour toutes ses tâches et risques auxquels il est exposé, Riadh perçoit un salaire de 150.000 DA.
Aouad Hamadi, 32 ans, man'uvre de sonde, 4 ans d'expérience, célibataire, de Biskra Aouad, 9e année fondamentale, s'occupe de la fabrication de la boue et du nettoyage. Il aide aussi l'accrocheur sur les bacs à boue. Sa tâche dépend des besoins de l'équipe et du travail que lui donne le second de poste. Ils sont 4 man'uvres de sonde qui se relayent. Aouad a mis 5 mois pour s'habituer à l'odeur du gasoil qui se dégage pendant le tamisage de la boue. Il gagne 70.000 DA par mois.
Toufik Djouamaa, 43 ans, chef de chantier, 22 ans d'expérience Toufik a sous sa responsabilité deux équipes composées chacune d'un chef de poste, d'un second de poste, un accrocheur, un mécanicien, un électricien, 4 sondeurs et 4 man'uvres. Sa journée commence à 6 h et se termine à 18 h. Il a aussi une équipe de surface sous sa coupe, composée d'un ingénieur HSE, un chef mécanicien, un chef électricien, un gestionnaire de chantier, un infirmier, deux chauffeurs, un soudeur, un cariste et un bruitier. Cette équipe travaille de 6h30 à 16h 30 mn. La nuit, l'adjoint chef de chantier assure le suivi.
Les superviseurs de Sonatrach contrôlent le travail de l'ENTP L'équipe de Sonatrach est composée de trois superviseurs qui contrôle le travail des équipes de l'ENTP, assurent la procédure et les opérations critiques. Ils sont partagés entre l'administration et le suivi sur la plate-forme tout au long de la chaîne : le forage, le tubage, la cimentation du tubage, le reforage du ciment, pour passer à la 2e phase. Ils donnent les instructions techniques aux équipes de l'ENTP, dictent la méthode de travail et en la charge du personnel. Leur objectif est de minimiser les coûts du forage et de la production. Ils élaborent le programme et fixent le nombre de jours pour chaque phase ou chaque réalisation de puits. Pour le cas de TP 194, ce nombre est de 48, 2 jours pour le forage et 25 jours pour la phase de complétion. La durée total de ce chantier 85,28 jours. Le jour de notre passage, il était au 55e jour, soit un retard de 10 jours. Un retard sans conséquence sur la production, selon les superviseurs de Sonatrach. A la phase de complétion, la direction de la production (DP), à 4 169 m de profondeur, intervient et procède au test pour voir le débit du puits et prend le relais. « Si tout va bien dans 16 jours le chantier arrivera à la phase de complétion », indique les superviseurs de Sonatrach. Un superviseur touche 140.000 DA mensuellement en moyenne. Généralement, sur un chantier, cinq employés de Sonatrach sont présents.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Horizons
Source : www.horizons-dz.com