Après le fameux ouvrage en deux tomes Marguerite (roman historique), l'écrivain et poète Ahmed Benchérif, vient d'éditer un nouvel ouvrage : Getuliya et le voyage de la mort, un livre d'antiquité qui retrace la vie des Gétules dans cette contrée du sud-ouest dont les tombes existent à nos jours.En voici un extrait : «Dans la région de Aà'n-Séfra, il y a cinq mille ans y vivait un groupement humain, appelé Gétules, redoutables guerriers qui combattaient aux côtés des armées de la Numidie, de Carthage et d'Egypte. Ce peuple était nombreux et se caractérisait par le grand nomadisme comme mode de vie. Ces mêmes individus peuplaient les Hauts-Plateaux de l'est de notre pays, entre Constantine et Sétif. D'autres groupements moins importants en nombre habitaient au sud du Maroc, dans le territoire de Tafilalet. D'autres encore peuplaient le territoire entre Ouargla et Abelsa dont le mausolée, qui abrite la reine Tinhinane, remonte à 2500 ans. A une à're plus proche, environ 2400 ans, ce peuple gétule avait évolué et renonçait graduellement à son mode de vie nomade pour commencer à se sédentariser. Au lieu de continuer à vivre dans les grottes, il conçut un mode d'habitat tout à fait simple et construisit des huttes dans les plaines, désormais moins fournies en herbes fourragères. La sécheresse s'était accentuée et l'aridité donnait ses premiers signes inquiétants. Les marécages étaient complètement asséchés et leurs colonies d'animaux sauvages avaient aussi quasiment disparu. Il n'en restait que quelques individus d'éléphants, des lions et des léopards. Au pied de la montagne de Mekter, les huttes étaient construites, nombreuses et dispersées, éloignées les unes des autres, voisines cependant, basses et coniques, faites de troncs d'arbres ébranchés seulement, les uns serrés aux autres, enterrés à moins d'un mètre de profondeur. Seuls les branchages en formaient les toits”'il y a des milliers d'années, la région de Aà'n-Séfra recevait abondamment de pluie et partout, les herbes hautes poussaient dans l'immensité des plaines sablonneuses qui s'étendaient jusqu'aux portes de l'oasis de Taghit. Ses montagnes forment ce que les géographes ont appelé : les monts des Ksour en hommage au chapelet des ksour construits à leurs bases, depuis moins de 2000 ans, comme c'est le cas d'Aà'n-sefra, Sfissifa, Moghrar, Tiout, Boussemghoun, Chellala. Elles sont imposantes, abruptes, difficiles à escalader et atteignent généralement pour certaines plus de 2000 mètres d'altitude.Dans le passé préhistorique, elles étaient densément boisées de chênes verts, de pins, de caroubiers, de genévriers et de diverses espèces. Elles abritaient des forêts profondes et inextricables. Leurs sommets étaient habillés de blanc presque toute l'année, une généreuse couche épaisse de neige qui fondait quand le soleil d'été commençait à chauffer et à émettre ses ardeurs. Les géographes nous disent encore que la région de Aà'n-Séfra formait, en ces temps les plus reculés de la préhistoire, un immense marécage qui s'étendait jusqu'aux portes du désert. Elle avait donc sa végétation spécifique : des onces, des roseaux et des herbes très hautes et tendres. Elle ressemblait à la savane africaine et abritait le lion, le zèbre, l'éléphant, la girafe, le crocodile, le buffle, l'hyène, le serval, le guépard.Cet homme préhistorique nous a donc laissé sa mémoire par des gravures rupestres dont on retrouve des centaines de stations à ciel ouvert, éparpillées à travers l'Atlas saharien et dont les plus belles se trouvent à Tiyout, vieilles de huit mille ans. Plus loin dans le temps, soit soixante cinq millions d'années, il y vivait chez nous des dinosaures herbivores et les géologues en ont retrouvé un squelette, conservé aujourd'hui pour les besoins de la recherche scientifique, au musée de la Sonatrach à Alger... Notons enfin, que l'auteur a consacré une étude de son livre à l'annexe de la maison de la culture Belkacem-Beghdadi de Aà'n-Séfra, et ce, à l'occasion de la clôture du mois du Patrimoine.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B Henine
Source : www.lesoirdalgerie.com