Beaucoup d'hommes de tous âges, des jeunes, des enfants mais aussi des femmes qui, pour la première fois, ont dépassé toutes les prévisions.«Elles sont venues de tous les quartiers, de toutes les franges de la société», commente Fatma Bendaoud, membre actif de l'Aisec Ouargla et chef du projet Educate me, qui s'attelle à sensibiliser la jeune génération sur les maladies sexuellement transmissibles et le cancer. Pour cette dernière, «la prise de conscience a touché de larges pans de la société et les femmes n'ont plus peur d'affronter la rue pour s'exprimer sur des sujets capitaux comme l'avenir du pays».
Son slogan fétiche, en anglais : «Ain't 5th mandate, peaceful change without women.» Enseignante d'anglais au lycée, Lilya Senouci a également arpenté la ville avec son drapeau sur les épaules et sa pancarte où on pouvait lire de loin : «No for 5th mandate, yes for peaceful changement of regime.» Cette participation massive des femmes était souhaitée mais pas du tout attendue par les organisateurs qui suivaient de près l'évolution de l'expression féminine à ce sujet tout au long de la semaine.
Il faut reconnaître qu'à Ouargla, la femme n'est pas représentée dans le mouvement contestataire qui s'est développé durant les deux dernières décennies autour du mouvement des chômeurs, celui antigaz de schiste et plus récemment pour la Tanmiya chamila. Une autre frange de femmes reconnaît plutôt dans le mouvement officiel des organisations satellites du FLN, telles que l'Unfa et l'Ugta, dont les militantes sont très friandes des festivités officielles.
C'est pour cette raison que les plus optimistes d'entre les organisateurs, comme Tahar Belabes et Ibek Abdelmalek, leaders historiques du mouvement des chômeurs et meneurs de la contestation qui a marqué le sud du pays, se sont engagés corps et âme dans la mobilisation du 8 mars 2019 qui marque pour eux une évolution historique dans leur propre parcours, étant donné qu'ils n'avaient jamais réussi à rallier les femmes à la cause des chômeurs, même celles souffrant du non-emploi. Les deux leaders ont mené tambours battants une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux depuis plus d'une semaine.
La coordination de défense des droits des chômeurs a même offert «sa protection et son soutien indéfectible à tout mouvement féminin désireux se joindre à l'appel national à manifester pour la troisième semaine consécutive». A l'issue de la marche, Belabes s'est félicité du taux de participation des femmes et estime que cette marche «est la preuve que l'école du mouvement des chômeurs a fait du bon boulot et que notre appel à une participation massive des femmes a été entendu».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Houria Alioua
Source : www.elwatan.com