
C'est à la faveur d'une conférence-débat organisée, samedi dernier, à la maison de la culture Moufdi Zakaria par le Café littéraire de la ville de Ouargla, que l'idée a été lancée.Venu parler de la déperdition des rythmes musicaux de la région de Oued Righ (zone allant de Touggourt à Djemaâ et Meghaier), quelle ne fut la surprise de Ammar Madani, enseignant de musique et membre de la troupe musicale Al Asdiqaâ de Djamaâ, quand l'idée de démarrer une vaste collecte et transcription du patrimoine littéraire de la région a été lancée avec le soutien financier de la maison de la culture de Ouargla, dont le directeur Khoussa Ahmed s'est engagé séance tenante à prendre en charge l'édition de tout ouvrage ou support multimédia relatif à cet ambitieux projet. Il s'agit là d'une première opération ciblant la musique locale de Oued Righ, faisant suite à une modeste collecte effectuée dans le cadre d'une thèse de doctorat de Faouzi Missaoui, un enfant de la région quelques années plus tôt, mais restée sans suite. Il faut reconnaître que le constat de Madani Ammar était alarmant.
Selon l'orateur, «la disparition menace les plus beaux genres musicaux de la région, comme le derrazi et la dara et même le rahbia qui sombrent dans l'oubli, vu que les jeunes semblent s'ouvrir sur des genres musicaux venus d'autres régions et ne trouvent plus de goût à écouter ou perpétuer ces musiques». Pour Madani Ammar «même le rabboukhi et le arrassi, qui sont des genres musicaux féminins par excellence, repris depuis peu d'années par des maîtres hommes, tels que Saïd Bouagga et Ammi Hamma, commencent à perdre leurs rythmiques, parce que les jeunes ont cédé à l'attrait du raï et du chaoui en introduisant des rythmiques inhabituelles».
D'où l'urgence d'un travail méthodique de collecte, d'enregistrement et de transcription aux fins de sauvegarder ce précieux patrimoine populaire commun aussi bien aux Hechachna qu'aux bédouins de Oued Righ, où la musique et le chant font partie du quotidien des gens. Outre ce constat de déperdition, le conférencier déplore «que les musiques du Sud algérien soient réduites aux seuls genres touareg et diwan, qui connaissent une popularité fulgurante en Algérie depuis qu'ils ont suscité l'intérêt d'un large public dans les festivals internationaux.»
Il souligne également l'absence de vrais festivals de la musique algérienne, mettant à contribution des talents de l'Algérie profonde d'où, répondra le directeur de la maison de culture de Ouargla, la proposition d'un festival national de la chanson ouarglie, dont le dossier vient d'être soumis à l'appréciation de la ministre de la Culture. Ahmed Khoussa s'est engagé à parrainer les travaux de recherche, de collecte et de transcription des genres musicaux de l'Oued Righ qui feront l'objet d'une édition à la hauteur de patrimoine, dira-t-il. Un atelier spécialisé dans la transcription des notes musicales locales sera par ailleurs organisé dans les prochains jours pour favoriser le démarrage de ce projet.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Houria Alioua
Source : www.elwatan.com