Ouargla semble retrouver son calme après près d'une semaine d'agitation et d'affrontements entre les manifestants et le service d'ordre.
Les dernières émeutes remontent à la journée de jeudi, suscitées par l'affichage d'une liste de bénéficiaires de logements sociaux qui a attisé la colère de la population de par «les inégalités» enregistrées, selon des membres du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC).
Contacté hier par Le Temps d'Algérie, un de ses membres qui a préféré garder l'anonymat a affirmé que l'ordre a été rétabli et qu'aucun mouvement de protestation n'a eu lieu durant ce week-end.
En revanche, des jeunes «délinquants» ont voulu profiter de l'occasion après la prière du vendredi pour tenter de semer la pagaille en recourant à des opérations de pillage et de vol, mais «les sages de la région ont réussi à calmer l'atmosphère et imposer l'ordre».
Rappelons que le P/APC de Ouargla a été obligé d'annuler la liste des bénéficiaires afin de calmer les esprits. Le chômage, le logement et l'absence de commodités dans la région sont autant de motifs de contestation dans cette ville.
Ce jeudi a été marqué, à titre de rappel, par des affrontements qui ont opposé les contestataires aux forces de l'ordre. Les jeunes manifestants avaient appelé à la prise en charge de leurs revendications soulevées à maintes reprises. En outre, Ouargla a été secouée par plusieurs manifestations de chômeurs.
Mardi dernier, la tension était montée d'un cran suite à l'arrestation de deux personnes parmi les contestataires. Les deux chômeurs arrêtés ont été libérés, mais font toujours l'objet de poursuites judiciaires pour distribution de tracts et incitation à attroupement. Leur procès aura lieu le 26 mai prochain.
Dans son rapport remis récemment au Premier ministre, Me Ksentni, président de la CNPPDH, a mis en garde quant à la dangerosité de la situation :
«Il faut faire très attention, dit-il, car la violence appelle la violence.On risque de se retrouver au centre d'une spirale infernale».
Précisant que le dossier du logement n'a pas été évoqué, il a déclaré que «l'emploi était la revendication principale des représentants des jeunes».
Me Ksentini, qui estime que le gouvernement a efficacement réagi au problème du chômage, a assuré que si la violence a repris, c'est qu'«il y a d'autres facteurs en jeu», ajoutant qu'il fallait trouver un mode opératoire pour que la distribution des logements se fasse dans la plus grande transparence.
Pour sa part, Louisa Hanoune, secrétaire générale du parti des travailleurs, avait averti hier sur la situation très critique dans la région, pouvant engendrer de graves conséquences.
«Le sud est une bombe à retardement», avait-elle estimé, appelant à la création de postes d'emploi et à la mise en place d'une allocation chômage.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira A
Source : www.letempsdz.com