
Il ne veut pas communiquer à travers des interviews exclusives, ni des mises au point à travers les journaux, mais il reste ouvert à toutes les interrogations de la presse et organisera désormais une conférence mensuelle à la wilaya ou à la maison de la presse de Ouargla pour répondre aux questions d'actualité.Il s'agit de Ali Bouguerra, le wali qui se proclame fier d'être à la tête de la wilaya de Ouargla. Une wilaya dont il refuse le surnom de «wilaya des chômeurs», préférant de loin celui de «wilaya de la liberté d'expression et manifestation». Il est apparu ferme et déterminé à endiguer le problème de l'emploi qui connaît un avancement perceptible, dit-il. Ali Bouguerra s'est exprimé à l'occasion de l'installation de Laggoune Assia, la toute nouvelle chargée de la cellule de presse de la wilaya de Ouargla, une énarque, versée dans les relations avec les médias. La rencontre, co-animée par M. Mohamed Lakhdar Fouatid, son chef de cabinet, s'est voulue amicale quoiqu'inévitablement focalisée autour du dossier de l'emploi tout en abordant des thématiques comme les relations avec la presse, les sujets qui fâchent ou blessent, la distribution des logements sociaux...Médias- wilaya : des relations à améliorerEn préambule le wali de Ouargla dira :«Je reconnais qu'il y a un vide en matière de communication institutionnelle et qu'une information doit se faire régulièrement de la part des pouvoirs publics par le biais de rencontres sur l'initiative des uns ou des autres. Mon programme d'action ne me permet pas de vous rencontrer individuellement mais je suis ouvert à toutes les propositions à même de donner une meilleure image médiatique de notre wilaya ou type de questions que l'opinion publique se pose. Je lis Ouargla à travers la presse avec une analyse que je considère. Le bon et le mauvais, l'intox aussi, y compris que des élus demandent ma destitution, que je dois partir. Jamais ! Je suis très fier de servir cette wilaya. Et pourquoi doit-on parler à ma place ' Je suis un cadre de l'Etat, qui peut me désigner ou me demander de céder ma place à un autre, c'est ça la fonction de servir la République. Je ne suis pas pour qu'on parle à ma place. Un groupe d'élus a contacté un journaliste pour tenter de faire limoger le wali. Je n'ai pas fait de mise au point concernant les atteintes à mon chef du cabinet, chargé de présider la commission sectorielle de l'emploi, qui serait responsable de dépassements, certains ont même amplifié le feu d'incendie du poste de garde de la wilaya, parlant d'un siège de wilaya brûlé. Je pars du principe que la liberté d'expression est sacrée et vous laisse le constat. Un passant a jeté un cocktail Molotov, des faits qui arrivent, l'information qui nous blesse et je ne suis en querelle avec personne, je suis venu ici pour travailler», précisera M. Bouguerra.Emploi : les mesures de Sellal sont une réalité«Vous avez remarqué que nous avons communiqué des chiffres en matière de placement et d'inscription au fichier des demandeurs d'emploi au niveau de l'Anem de Ouargla. 8000 placements au juste, des listes nominatives que j'ai remises personnellement au président de l'APW de Ouargla et aux élus et je peux le communiquer à la presse nationale par entreprise, par nom et par prénom. En quoi sont-ils crédibles ' Oui, crédibles et vérifiables parce que pour la première fois le forcing sur les entreprises pétrolières a porté ses fruits. Avant, les DRH de ces entreprises travaillaient avec l'Anem en usant de méthodes peu orthodoxes. Il faut le dire en toute responsabilité. C'est cette méthode, cette transparence que j'ai instaurée à travers l'instruction 01/2013 du Premier ministre concernant l'emploi dans les wilayas du Sud. Parce qu'il y a des dysfonctionnements au niveau des agences de l'emploi en premier et des sociétés pétrolières en particulier où le laisser-aller est flagrant ; il faut le dire, il existait des insuffisances dans la gestion des procédures. Les entreprises pétrolières arguaient du manque de célérité des agences de l'emploi et recouraient systématiquement à des placements hors wilaya ; d'autre part, les agences locales de l'emploi cultivaient les négligences. Donc, on a mis de l'ordre dans tout ça et moi je le dis : à travers cette instruction nous avons créé une commission sectorielle de l'emploi qui s'est réunie 19 fois depuis l'année dernière. Ces réunions ont été tenues un peu partout à travers les instances de l'emploi, même à Hassi Messaoud et Touggourt car il s'agit d'un mécanisme de contrôle. Les chômeurs pensent que la commission est chargée du placement, ce qui est complètement faux. On a réuni tous les DRH des entreprises pétrolières nationales, à quatre reprises nous avons vérifié leurs plans de recrutement et à travers cela il y a eu des placements au niveau de l'Enafor, de l'ENSP, de l'ENTP, suite à l'application des mesures de M. Sellal. Concrètement, nous avons mis en symbiose les DRH avec les agences de l'emploi, il y avait des dérapages, il faut le reconnaître, avec le fameux délai des 21 jours. Pourquoi la rue continue de gronder ' Nous sommes dans un pays démocratique, les gens s'expriment librement, ce n'est pas un nouveau phénomène à Ouargla et il ne concerne pas uniquement l'emploi. Pour ma part, il s'agit d'une pratique très saine, positive même, qui me permet de jauger l'état d'esprit des citoyens et de rectifier le tir. C'est la preuve qu'ils font confiance aux institutions de l'Etat. Le plein emploi n'existe nulle part, il y a toujours un turn-over, nous avançons, je ne distribue pas de l'emploi, je dessine une stratégie, une démarche», ajoutera le wali.Formation : à adapter aux besoins du marché«La formation professionnelle en entreprise est en marche et l'IAP Hassi Messaoud va reprendre, la proposition a été faite au ministre de l'Energie en février dernier. Il est vrai aussi que nous avons donné des dérogations pour 186 postes d'emploi hors wilaya depuis une année pour des profils inexistants chez nous et qui ont fait jaser. Je reconnais devant vous en toute responsabilité que les contenus pédagogiques de la branche hydrocarbures à l'université de Ouargla ne sont pas adaptés aux besoins du secteur pétrolier. Quand des tests ont été effectués au produit de la formation universitaire, il s'est avéré différent des contenus de la formation prodiguée par l'IAP Boumerdès. Donc, nos diplômés nécessitent une formation complémentaire d'une année et autant le dire parce que je l'ai proposé, l'enseignement supérieur c'est l'Etat, Sonatrach est une entreprise publique, alors qu'ils appliquent le même programme pour qu'on évite ce genre de problèmes en mettant à niveau le programme de l'université de Ouargla dont le recteur est informé», dira-t-il encore.5000 logements distribués, 116 en attente«La polémique suscitée par le logement précaire n'a pas lieu d'être, je reconnais qu'il y a eu des dérapages et que j'ai personnellement mis le holà après inspection. Je regrette, mais le résidant d'un bâtiment n'est pas dans un logement précaire et c'est tout à fait normal qu'il ne bénéfice pas d'une aide de l'Etat. Nous n'allons pas démolir tout un bâtiment pour qu'il soit éligible. C'est comme le cas des logements sociaux de l'année dernière ; après enquête, nous avons retiré les noms de 36 bénéficiaires. Pour le dossier du logement, j'estime que globalement Ouargla est sur la bonne voie, nous avons distribué 5000 logement et je peux vous donner les chiffres par commune. Il reste 116 logements au niveau des commissions de daïra de Sidi Khouiled, Meggarine et Rouissat que nous allons distribuer dans un mois tout au plus, en tout cas avant le début du Ramadhan. Certains parlent de dérives de la wilaya concernant le logement précaire ; bien au contraire, je m'attendais à des remerciements, tous ceux qui en ont le droit y ont accédé et j'ai moi-même retiré les noms des personnes non éligibles ; plus encore, les élus concernés m'ont écrit pour s'excuser du quiproquo», conclura l'élu.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Houria Alioua
Source : www.elwatan.com