
Des dizaines d'étudiants en génie mécanique système LMD du nouveau pôle universitaire ont décidé de mener une grève ouverte depuis le 10 avril dernier suite à l'exclusion de 150 étudiants pour absences non justifiées.Transférés il y a quelques mois au nouveau pôle universitaire situé sur l'axe Ouargla-El Ménéa encore en chantier et qui manque des conditions minimales nécessaires pour le bon déroulement des études, les étudiants déclarent souffrir le martyre depuis le début de l'année universitaire. Sans électricité, sans éclairage, sans sanitaires ni la restauration qui est un service social indispensable dans la vie quotidienne des étudiants sous le régime de l'internat, tout manque au pôle 3.Cette nouvelle entité manque également d'équipements de laboratoires, de matériel informatique, et les jeunes sont très gênés par les va-et-vient incessants des maçons et autres man?uvriers pendant les cours. Ils dénoncent la persistance des nuisances sonores et les bruits d'engins de chantier ainsi que les travaux qui s'y déroulent tout au long de la journée. Ils se montrent donc plus réticents à venir étudier vu les conditions lamentables et insupportables dans lesquelles ils se retrouvent et justifient ainsi leur recours à la grève.Benyounes Adel, et Tlili Fouad sont deux jeunes grévistes qui racontent avec amertume une partie de leurs souffrances et leur calvaire devant l'impassibilité affichée par les responsables de l'université, «il n'y a ni électricité ni climatisation, même pas des sanitaires, sans parler de la restauration et des salles. Les maçons travaillent pendant les cours, le bruit est insupportable, nous n'arrivons pas à nous concentrer et le manque d'éclairage nous gêne aussi. Avec tout ça, ils veulent qu'on vienne étudier juste pour marquer la présence sans prendre en considération notre désarroi et nos difficultés de compréhension ; à la fin, ils viennent de nous exclure !»Nos deux interlocuteurs ajoutent qu'ils ont été convoqués pour une réunion avec le recteur de l'université afin de trouver une solution après l'exclusion des 150 étudiants de ce département suite aux absences jugées injustifiées par l'administration. Selon eux, les étudiants ont même évoqué le manque de respect dont ils ont fait l'objet. «Nous étions 47 présents le 08/04/2014, mais nous avons assisté à une leçon de morale et de correction, nous avons été humiliés et, pire encore, le lendemain tous les étudiants présents à la réunion ont été déférés devant un conseil discipline, la même liste avec les mêmes noms et nous ne comprenons rien à tout cela.»Selon un autre étudiant, «le recteur nous a demandé de ne plus compter sur l'université et d'aller acheter des micros par nos propres moyens sans se soucier des étudiants démunis qui ne trouvent même pas de quoi manger, alors pour des micros?! » Les exclus du département de mécanique attestent qu'ils ont adressé un courrier au rectorat de l'université Kasdi Merbah, resté lettre morte depuis. Taha Benaïchouche, représentant de l'UNEA, ajoute qu'un second écrit a été adressé à l'administration en date du 6 avril courant après celui daté du 17/03/2014, un dernier appel de détresse, dit-il. Selon lui, le dialogue de sourds emportera les étudiants dont l'avenir est compromis et qui peuvent sombrr dans l'apathie, le laisser-aller et l'oisiveté. La misère qui constitue le quotidien de ces jeunes étudiants du pôle 3 est exacerbée par l'humiliation et l'exclusion, une situation qui doit être prise en charge dans l'urgence.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chahinez Ghellab
Source : www.elwatan.com