
Le tribunal criminel de Ouargla a prononcé, hier, une peine de 10 ans de prison à l'encontre du dénommé Moussa Ag Mohamed, un quadragénaire arrêté en février 2013 alors qu'il se rendait, à dos de chamelle à Tinzaouatine, commune de la wilaya de Tamanrasset située à la frontière avec le Mali, à 550 km du chef-lieu de la wilaya.Le mis en cause a été appréhendé par une patrouille de la Gendarmerie nationale qui a procédé à une fouille au corps, dévoilant 250 g de drogue, une arme automatique de type Tokarev TT R4 et un appareil téléphonique Thuraya. Les investigations ont permis de reconstituer l'itinéraire et l'objectif de l'inculpé qui a reconnu, lors des auditions de la police judiciaire, être entré sur le territoire algérien à la recherche de ravitaillement pour le groupe de Belmokhtar, qui l'avait chargé de troquer une petite quantité de drogue en contrepartie de produits alimentaires.Le prévenu, qui a également admis être chargé d'une mission de reconnaissance des mouvements des forces de sécurité sur la zone frontalière de Tinzaouatine, a étonné les magistrats par un revirement puisqu'il a complètement nié les faits et ses propres aveux. «Je suis un nomade qui circule librement à dos de dromadaire et je rentre souvent en Algérie pour y voir de la famille», a-t-il répondu au juge, qui lui demandait les raisons du changement de version des faits. Les aveux d'Ag Moussa ne s'arrêtaient pas à la reconnaissance de son appartenance au groupe de Belmokhtar dit Bellaouar, puisque ce dernier a reconnu avoir participé à des entraînements militaires au Mali, au sein du même groupe, avant de tout nier en bloc, y compris le transport de drogue.Le parquet de Ouargla, qui a décrit un personnage dangereux ayant des visées purement terroristes vis-à-vis de l'Algérie, a requis la peine maximale de 20 ans de réclusion criminelle et la confiscation des saisies.La défense s'est, quant à elle, attelée a brosser un tableau moins sombre de son client, décrivant une situation sécuritaire et socioéconomique difficile prévalant au Mali, d'où «l'obligation pour chaque citoyen d'être armé pour se protéger ainsi que sa famille». Pour la défense, «il est nécessaire de prendre en considération le contexte général des événements et reconnaître qu'être armé est devenu très courant en Afrique subsaharienne, en proie à des conflits incessants».C'est d'ailleurs pour subvenir aux besoins de sa famille que Ag Moussa serait venu, et non pas ravitailler le groupe terroriste du sinistre Mokhtar Belmokhtar, d'où la demande de le blanchir de toutes les accusations portées à son encontre et étayées par l'instruction.L'argumentaire n'a été pris en compte qu'à moitié, puisque le juge a prononcé une peine de 10 ans de réclusion criminelle assortie d'une amende de 5 millions de centimes et de la confiscation de la saisie.A souligner que l'inculpé comparaissait devant le tribunal criminel de Ouargla pour deux crimes, à savoir «adhésion à un groupe aux desseins et objectifs récriminés par l'article 87 bis du code pénal algérien» et «apologie du terrorisme».Crimes pour lesquels il a été blanchi puisque les seuls griefs retenus par les magistrats concernent des délits, à savoir «possession non autorisée d'une arme de type 4», «possession et vente de drogue» et «entrée illicite sur le territoire algérien».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Houria Alioua
Source : www.elwatan.com