
18 jeunes employés contractuels à Sonatrach Haoud El Hamra ont été licenciés sans motif après avoir réclamé la régularisation de leur situation, conformément aux directives du Premier ministre, Abdelmalek Sellal.Ils sont pour la majorité pères de famille et se retrouvent à nouveau au chômage, malgré les mesures du gouvernement qui consistent à régulariser les situations des travailleurs contractuels dans un délai de 3 mois. Après des années de chômage, d'attente et un parcours du combattant, ils ont pu être recrutés mais, malheureusement, pas pour longtemps.Parcours du combattantConvoqués avec 70 autres candidats au poste de man?uvres pour des tests d'embauche les 5 et 6 mars 2013, et après avoir dépensé énormément dans la constitution du dossier constitué de documents administratifs et de multiples analyses médicales, radiographies pulmonaire et thoracique, test de vision, seuls 16 candidats ont été retenus. Le test psychologique et d'évaluation qui s'est déroulé en présence d'un psychologue venu d'Alger contenait des questions jugées dégradantes et indiscrètes. «Le psychologue s'attaquait au moindre détail de la vie privée des candidats afin de les décourager et les pousser indirectement à abandonner», déclare l'un d'eux. Ceux qui ont tenu jusqu'au bout ont rejoint leur poste le 14 avril 2013, avec à la clé un contrat à durée déterminée (CDD) de 12 mois en tant que man?uvres de nettoyage et de maintenance des équipements industriels à la TRC Haoud El Hamra. Le premier mois constituait une période d'essai qu'ils ont franchi avec succès.Conditions difficilesLes contractuels licenciés ont alors commencé leur vie active dans des conditions très pénibles et sous des températures qui dépassaient les 58° C en plein mois de Ramadhan. «Nous avons exécuté les tâches les plus dures pendant que les permanents dormaient dans leurs chambres climatisées», assurent-ils. Ils ont vainement adressé un recours au PDG de Sonatrach le 11 août 2013, sollicitant la régularisation de leur situation suite à son engagement devant les représentants des chômeurs des wilayas du sud fin mars 2013 au siège Sonatrach à Hydra, conformément aux instructions du Premier ministre. Plusieurs courriers ont également été adressés au wali de Ouargla, à la sous-direction du transport pétrolier de Baraki, à Alger, et au directeur régional de Haoud El Hamra le 2/10/2013. A ce jour, aucune réponse ne leur est parvenue.Prouesses professionnellesLes man?uvres contractuels s'impliquent de plus en plus dans la vie du chantier. Ils réalisent même une opération «qualitative» de réparation d'un vieux pipeline de 61 cm, soit 24 pouces, d'une ancienne station datant de 1959 destinée à transporter le pétrole brut vers le Nord du pays, sous une forte pression de 70 bar et 17 tonnes de socle en béton contenant des câbles électriques de haute tension. «Nous ne bénéficions d'aucune mesure de sécurité, sans casque ni gants, ni lunettes de protection ou chaussures de sécurité, dans une zone classée hautement dangereuse et exposés à une chaleur qui dépasse les 55° C, nous avons mené cette opération avec beaucoup de professionnalisme et de savoir-faire gagnant l'admiration du management, mais le licenciement a été notre récompense». Diplômé en sécurité industrielle, le jeune Rahmani Maâmar a profité de la présence du vice-président de Sonatrach pour lui exprimer les préoccupations de ses collègues. Nouvelle promesse non tenue.Un management impuissantLa dernières rencontre avec le management date de la semaine dernière avec M. Heni, directeur régional de Sonatrach qui atteste de leurs capacités et leur qualification en présence du sous-directeur et du responsable des ressources humaines, tout en se rejetant la responsabilité. Une phrase de trop, celle du DRH qui a lancé augroupe : «vous auriez dû faire une situation avec vos salaires, acheter une voiture pour frauder par exemple au lieu de compter sur l'entreprise», un prétexte aussi humiliant que moqueur de la part d'un responsable qui est aussi employé de cette entreprise étatique, qui laisse entendre que Sonatrach est la chasse gardée de certains privilégiés.Ces nouvelles victimes du système d'embauche à Sonatrach touchaient à peine 55 000 DA sous le régime familial avec 2 jours de repos.Ils ont été de toutes les missions et de tous les chantiers : Hassi Berkine, El Borma, Berkaoui, parfois 11 interventions en un seul jour, et un capital expérience acquis à force de bosser durement et avec abnégation pour se retrouver sans travail et sans aucun recours administratif.Rahmani Maâmar, 35 ans, Khirani Mohamed Bachir, 36 ans, Saâdaoui Tayeb, 35 ans, Mohamed Takiedine Goudjil, 26 ans, et le plus âgé d'entre eux, Benhelal Omar, 45 ans, qui a passé sa vie à déposer des dossiers et à attendre, a été longuement exploité par des employeurs privés. Il témoigne : «Après plusieurs années d'attente, j'ai pu avoir ce poste, aujourd'hui je suis a la rue, je ne sais plus quoi faire avec une famille à charge ; à mon âge, je ne peux pas accéder à d'autres concours vu la limite d'âge ; il ne me reste que 10 ans pour la retraite, et moi je suis toujours à la quête d'un emploi, c'est trop injuste !», nous déclare-t-il avec amertume. Omar, comme beaucoup de jeunes au Sud qui espéraient et espèrent encore avoir un travail stable et rémunérateur dans cette zone pétrolière, se sent opprimé et exclu. Tous ces chômeurs estiment avoir été utilisés, ce qui ne peut éteindre leur colère et les apaiser et peut les pousser à descendre dans la rue.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chahinez Ghellab
Source : www.elwatan.com