
Mohamed-Salah Baba Hanni est un artisan de Ouargla qui a choisi une passion originale, celle de réaliser des ?uvres d'arts à partir d'une branche du palmier, le karnaf. Rencontré récemment lors de la semaine culturelle de Ouargla à l'occasion de l'évènement Constantine capitale de la culture arabe 2015, ses travaux n'ont pas manqué d'émerveiller les visiteurs.Le karnaf est une partie du palmier qui peut paraitre aussi banale, comme tout autre objet de la nature, mais entre les mains de Mohamed-Salah Baba Hanni, cela devient une véritable ?uvre d'art. «J'ai toujours eu un penchant pour l'art, et j'ai toujours eu envie de développer mes capacités pour créer de belles ?uvres. Cela a commencé en 1996 quand j'avais été invité chez un ami ; j'avais été attiré par une ?uvre artisanale sculptée dans du karnaf, posée comme une décoration sur un téléviseur ; c'est à partir de ce moment que j'avais décidé de m'y mettre et de tenter d'explorer ce domaine», raconte Mohamed-Salah.C'est le début d'une aventure qui ne cesse de révéler le don de cet homme de 53 ans, et l'occuper pendant ses temps libres, lorsqu'il se libère des contraintes de sa profession de technicien supérieur de la santé à Ouargla, qu'il exerce depuis 1987. Homme modeste et affable, Mohamed-Salah révèle qu'il aime surtout le silence nocturne pour travailler, en écoutant son chanteur préféré, Alla, le maître incontesté de l'art du Foundou. Il parle de ses débuts avec ce qui deviendra sa grande passion pour le karnaf. «Je suis issu d'une famille d'agriculteurs qui avaient une relation spéciale avec le karnaf, utilisé comme matériau pour fabriquer les plafonds des maisons ; nous avions ainsi une relation intime avec le palmier et tout ce qui en fait partie», évoque-t-il. Persévérant et dévoué, cet artisan autodidacte, qui veut toujours apprendre, se rappelle encore de ses premiers outils.«J'ai commencé avec un simple couteau de cuisine et une lame Gillette, avec lesquels j'ai réalisé ma première ?uvre : un puits traditionnel», dira-t-il. On le comprend, parce que l'artiste s'inspire de son environnement. Né à El Kasr El Atik, dans la vieille ville de Ouargla, où il y habite toujours, Mohamed- Salah cultive un amour profond pour cette partie de la ville, dont il déplore la dégradation. Cet amour pour El Kasr El Atik donnera naissance à de nombreux ksours et des mosquées en miniature, de différents modèles, sculptés avec grande dextérité sur du karnaf.De belles ?uvres qui racontent les richesses de la région.«C'est ma manière d'exprimer mon attachement à mes racine et à ce patrimoine architectural», exprime Mohamed-Salah. Une façon aussi d'immortaliser un mode de vie ancestral qui tend à disparaitre. Avec modestie, il affirme qu'il veut toujours se perfectionner. Déjà, il travaille avec le cutter, plus facile à manier, mais il espère acquérir d'autres outils plus modernes. «J'ai pu avoir une scie électrique pour découper le karnaf», avance-t-il. Très attaché à son travail, Mohamed-Salah Baba Hanni ne rêve que d'une seule chose après son départ à la retraite, celle d'ouvrir un atelier pour transmettre son savoir-faire aux jeunes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arslan Selmane
Source : www.elwatan.com