Ouargla - A la une

Les réunions ne régleront pas le problème sauf si...



Les réunions ne régleront pas le problème sauf si...
La violence s'essuie et ne remet pas son tablier de vengeance. Elle est invitée une fois de plus à la table de négociation. Cette fois-ci, les ustensiles ne ressembleront pas aux précédents, nous dit-on. Nous l'espérons vivement. On promet de mettre de l'ordre dans ce grand débarras.
Le top chrono est donc donné pour en finir avec ces actes de voyous. Mais comment ' A Ouargla à titre d'exemple, où nous avons séjourné, la population tremble à chaque fois qu'une rencontre de football est programmée. On met à l'abris les véhicules et on baisse les rideaux lorsque le trajet risque d'être celui qu'emprunteraient les supporters. Pourtant, ces équipes qui sont affichées au niveau de la ligue amateur, ne sont qu'à leurs premiers pas dans ce football et déjà ils s'entraînent à devenir les cowboys du coin. «Quelque que soit le résultat, nous attaquerons tout ce qui bouge», nous disait un jeune qui nous montrait ces mains chargées de pierres. A la question de savoir pourquoi ces gestes inutiles. Sa réponse est tranchante : «Nous avons rien à perdre. Ils veulent notre argent seulement et après on rentre chez nous... Nous n'avons même pas où prendre un verre d'eau, ici à Ouargla, il fait très chaud et on nous traite comme des clients de passage alors que nous sommes des supporters qui veulent être témoins de la victoire de notre équipe... Les visiteurs sont aussi des Algériens comme nous, on aime bien les accueillir mais dans la foulée souvent la rage fait de nous des personnes qui ne reconnaissons ni x ni y...» «C'est vrai, reconnaît une grappe de jeunes, l'APC met gratuitement la salle des sports pour nous défouler mais ce n'est pas suffisant, ce que nous voulons c'est que les dirigeants nous comprennent. Nous voulons nous défouler sportivement. Que les visiteurs excusent nos actes, nous sommes des jeunes, et les jeunes veulent défiler après chaque victoire avec les maillots aux couleurs du club... Vous savez la fois dernière, un joueur était blessé à la fin du match même sur la civière, nous l'avons attaqué pour avoir mal joué, c'est comme ça, que voulez-vous et nous continuerons, un endroit où l'on peut s'exprimer, commenter, analyser. Un endroit où l'on peut rencontrer tel ou tel autre joueur, cela nous fera énormément plaisir... La wilaya est sensible à ce phénomène. Inch'Allah, elle mettra à notre disposition cet espace tant souhaité.» Un autre sur son vélo portant une vielle marque nous regardait d'un air menaçant et finira enfin par s'exprimer : «Demain, vous allez voir, nous allons nous défouler... (Seriez-vous contre le football ou contre les joueurs ') «On aime le football mais on aime aussi, nous défouler... La salle des sports appartenant à la commune est mise gratuitement à notre disposition pour nous entraîner que ce soit, basket-ball, football, volley-ball, ce que nous voulons, c'est une écoute, qu'on donne un lieu où l'on peut se rencontrer entre jeunes, c'est pourtant simple non '». Un autre jeune nous dira, «chaque rencontre de football, c'est le calvaire, regardez ce qu'ils ont fait du portail, regardez ce qu'ils cassent, on est fatigué, on n'arrive plus à supporter ce climat, on est sous pression chaque fois qu'un match est programmé. Les agents du stade tentent de maintenir la foule et veiller à ce que les choses se déroulent calmement mais souvent c'est peine perdue... Que Dieu fasse à ce que le football disparaisse...», nous dit un homme d'un certain âge, sur un ton d'énervement. Ce n'est qu'un aperçu de ce qui se passe dans certaines wilayas éloignées et même du Centre. Alors l'éternel question revient sur le sacré tapis. Que faire ' Que dire ' Les réunions autour de ce sujet commencent, elles aussi, à prendre de l'âge et seront bientôt en retraite. Le huit clos ' Oui, mais cette formule ne résoudra pas le problème de la violence. Cette formule ne résoudra pas le problème, elle a une histoire de part le monde. Cette thérapeutique ne fera qu'enfoncer le clou et créera d'autres effets néfastes pour cette discipline qui n'arrive toujours pas à retrouver sa piste de sortie. Le football a besoin d'hommes de terrain, non seulement de pelouse mais aussi de stratégie de communication à même de mettre les moyens intelligents pour drainer du monde autour du point central qui réconciliera joueurs, dirigeants et visiteurs. Cela est possible, marquer un intérêt exceptionnel à ces supporters, mettre à leur disposition un cadre qui puisse les rassembler en dehors des rencontres et notamment à la vielle de la compétition. «Un club des supporters est facile à monter, dégager un budget pour le patron de l'association est aussi possible, mobiliser les services de sécurité, les sponsors, les juristes, les médias à faire partie de ce club pour une meilleure sensibilisation, enfin tout ceux qui peuvent apporter leur pierre pour faire barrière à ce phénomène qui prend de l'ampleur. Le marketing sportif très peu de personnes s'y référent, très peu le comprennent et très peu l'utilisent alors qu'il peut régler beaucoup de problèmes. L'expérience le démontre quotidiennement lorsque le score cessera de primer sur la violence, lorsqu'on cessera de travailler sur comment battre uniquement l'ex-club et non pas les deux à la fois. Les réunions sont consacrées sur la violence qui prendra ses bagages pour se faire remplacer par la sportivité tant attendue. Oui, cela est possible et nous le souhaitons à la nouvelle équipe du MJS.
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