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Les résultats des législatives ne font toujours pas l'unanimité



Les résultats des législatives ne font toujours pas l'unanimité
Alors que tous les regards sont braqués sur le Conseil constitutionnel et les nouvelles attendues à propos des recours des partis et candidats se sentant lésés par le déroulement ou les résultats des dernières élections législatives, des voix s'élèvent pour saluer la prestation et l'audace de Fatima Sandid, l'unique tête de liste féminine de la wilaya de Ouargla.Temacine manifesteA Temacine, Toufik Benyahkem, qui a rendu visite à nos bureaux s'estime «lourdement pénalisé par le poids du FLN à qui revient indûment ma place après que 133 voix m'ont été injustement retirées». Pour Benyahkem, tête de liste du parti Infitah, coordinateur de la wilaya de Ouargla de ce parti et néanmoins entrepreneur et activiste associatif, «je crois en la justice de mon pays et j'ai grand espoir que cette injustice soit levée pour que je puisse accéder à mon droit à ce poste, plébiscité par des milliers d'électeurs».Benyahkem a personnellement déposé son recours, hier soir à Alger, dans l'espoir, dit-il, de récupérer les voix dont il s'estime avoir été dépouillé par un faux décompte. L'attente est longue pour ce candidat et ses supporters, qui ont organisé, hier, une manifestation devant le siège de la wilaya pour dénoncer «la partialité de l'administration». Une accusation réfutée par Benyahkem, qui estime, lui, qu'il ne faut pas céder à la colère et savoir garder son sang-froid devant l'adversité.«Je n'ai aucune preuve d'une préméditation quelconque me visant, car j'étais sûr de pouvoir recueillir assez de voix pour accéder à la députation, c'est une simple erreur de comptage et les procès- verbaux que j'ai transmis moi-même au Conseil constitutionnel sont formels sur ce point, c'est moi le septième député de Ouargla et non pas madame Lekhdari, qui a été favorisée par sa positon de femme sur une liste FLN». Lauréat d'une course qui l'opposait d'abord à Abdelkrim Kadir, candidat à Temacine du Parti de la Concorde nationale, Benyahkem a pu récolter la majorité dans sa propre ville avec 3700 voix contre 600 pour son adversaire.In Salah voit rougePour Ahmed Taleb Abdallah, tête de liste du Parti des jeunes élu pour la wilaya déléguée d'In Salah, l'inquiétude monte d'un cran depuis que Mohamed Baba Ali, député réélu à son propre siège pour le compte du RND, conteste les résultats et dispose d'une délégation personnelle d'Ahmed Ouyahia pour déposer un recours réclamant un second siège pour son parti à Tamanrasset au détriment d'In Salah.«Taleb, ligne rouge», est le nouveau slogan en vogue à In Salah, dont les habitants expriment leur mécontentement depuis deux jours sur les réseaux sociaux et restent, eux aussi, dans l'expectative des décisions de la Cour constitutionnelle, qui aura à se prononcer dans les prochaines heures sur les recours déposés par les partis et listes indépendantes. Jouissant de 4370 voix, Taleb, candidat écologiste du mouvement anti-gaz de schiste, enseignant de physique, syndicaliste et élu à l'Assemblée populaire de la wilaya de Tamanrasset pour deux mandats, s'est distingué par un travail de proximité à contre-courant des mouvances politiques traditionnelles dominantes à In Salah.Il a en effet sur profiter des dissensions au sein des tribus et des familles politiques en imposant ses points de vue tranchés à propos de la préservation de l'environnement, des doléances sociales et des questions de développement durable auprès du jeune électorat de la wilaya déléguée d'In Salah, dont il connaît les problèmes sur les bouts des doigts pour l'avoir souvent «vainement» représentée à l'APW. Ainsi, c'est pour imposer une nouvelle tournure à la représentation nationale du Tidikelt que Taleb s'est vu propulser lors de ces législatives historiques, avec un suffrage positif récolté en dehors des carcans tribaux, politiques et même ceux de l'âge battant en brèche l'électorat traditionnel de sa ville sous la houlette du Parti des jeunes, qui s'implante ainsi à In Salah.Hassi Messaoud pliePas de recours pour le Front El Moustakbel, dont la tête de liste, Fatima Sandid continue à recevoir les marques de sympathie de ses concitoyens de Hassi Messaoud, qui ne croient toujours pas à sa défaite. Fatima Sandid, qui portait tous les espoirs de Hassi Messaoud à voir ses problèmes proposés au débat et aux questions au gouvernement, ne sera pas la première femme de Ouargla à siéger au Parlement. Elle a par contre été la première femme à s'engager dans cette aventure électorale en tant que tête de liste, mais qui n'a pas réussi à recueillir les 5% de voix nécessaires, à savoir 5090 voix. Mathématiquement, Fatima Sandid n'a récolté que 2426 voix au total, soit 2,38% des suffrages exprimés.Saluée pour son audace et son courage, quel que soit le résultat, sa candidature témoigne de l'authenticité des craintes évoquées par certaines candidates, qui se sont exprimées sur les colonnes d'El Watan en avril dernier à propos du système des quotas et de la non-acceptation, voire la levée de boucliers, contre les candidatures féminines, quand bien même la réglementation exigerait les 30%. «La parité n'est pas pour demain», «Nous préparons les élections locales, maire ou membre d'APC ou d'APW c'est plus à notre portée», «Le Sud n'est pas encore prêt à admettre une tête de liste féminine». Wafia Abazi, Souad Zahia et Rekia Benkrima l'ont si bien dit.Le poids social de tout candidat étant l'un des éléments les plus importants qui soutiennent ses chances à l'élection, l'appartenance tribale et partisane comme cartes maîtresses dans les élections en Algérie, Fatima Sandid, femme d'affaires et acteur social incontournable à Hassi Messaoud n'était pas une militante connue sur la scène politique locale, elle s'est présentée sous la bannière du Front El Moustakbal, un parti qui s'implante peu à peu dans la région et tend à se faire connaître, même si beaucoup de progressistes se sont emparés de son positionnement pour la candidature d'une femme tête de liste pour affirmer leur soutien politique qui a propulsé Fatima Sandid sur la scène médiatique et politique, le temps d'une campagne électorale assez pour faire parler d'elle, mais pas assez pour se faire élire.Combative, porteuse d'idées, elle a voulu combattre sa propre inexpérience, le poids des traditions et le machisme des hommes, confirmant que se présenter est une chose, ne pas se faire éliminer en est une autre, confortant aussi l'idée bien ancrée que les élections législatives sont encore un apanage masculin même si sa seule candidature est un début de réussite sur les dogmes sociaux dominats.
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